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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 21:45

 

Traumatisé par la mort de sa femme, prisonnière d’une voiture en feu, le Docteur David Bruce Banner (Bill Bixby) se consacre avec son assistante (Susan Sullivan) à la recherche sur l’adrénaline et le potentiel surhumain que chacun possède en lui mais qui ne se révèle que dans des circonstances exceptionnelles. Durant une expérience en radiologie, le scientifique est accidentellement irradié par une forte dose de rayons gamma provoquant une altération de son ADN. Les effets de cet incident sont catastrophiques : dès qu’il éprouve une forte émotion (colère, peur, douleur), il se métamorphose en une créature violente et primitive : l’Incroyable Hulk (Lou Ferrigno).

 

PRODUCTION

 

Ce téléfilm, diffusé en 1977 sur CBS, constitua une agréable surprise, tant pour la critique que les téléspectateurs. En effet, à l’époque, aucune adaptation de super-héros ne bénéficiait encore d’un traitement «sérieux». Les séries télévisées « Batman » et « Wonder Woman » (seule véritable référence du genre dans les années 1960 et 1970) privilégiaient notamment une approche humoristique pour séduire un large public. Avec l’Incroyable Hulk, le réalisateur - scénariste Kenneth Johnson (« L’Homme qui valait trois milliards », « Super Jaimie », « V ») se distingue de ses prédécesseurs en adoptant une tonalité réaliste et dramatique. Ainsi, dès l’ouverture du téléfilm, le ton est donné : « Chacun de nous est habité par une fureur atroce et déchaînée » énonce le narrateur. Le film est ainsi essentiellement une aventure humaine, celle du Dr David Banner. Dès les premières minutes, le chercheur est présenté comme un personnage profondément torturé par le décès de son épouse Laura. Ses recherches sur la force physique sont en réalité devenues une obsession visant à identifier les raisons pour lesquelles il n’est pas parvenu à extraire sa femme d’une voiture en feu. L’interprétation de Bill Bixby (« Mon Martien Favori », « Le Magicien ») dans le rôle du Docteur David Banner s’avère d’ailleurs particulièrement émouvante. Elle constitue l’un des principaux atouts de ce téléfilm. Bixby y partage la vedette avec Susan Sullivan qui interprète le Docteur Elaina Marks, une proche collègue du Docteur Banner. La jeune femme l’assistera et le soutiendra durant toute cette première aventure. Ce pilote accorde également une place majeure à un autre personnage inventé pour la télévision : le reporter du National Register Jack McGee (Jack Colvin). L’introduction de ce journaliste d’investigation qui poursuivra Hulk d’épisode en épisode – est un ajout typiquement hollywoodien, un artifice servant de ligne directrice à la série ; ce motif récurrent n’est pas sans rappeler le thème central de la série Le Fugitif, diffusée de 1963 à 1967, où Richard Kimble (David Janssen) était traqué sans relâche par le lieutenant Philip Gerard (Barry Morse).

 

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Dans ce contexte, cette adaptation télévisuelle s’éloigne sensiblement de la bande dessinée originale créée par Stan Lee et Jack Kirby en 1962. Kenneth Johnson s’est en effet véritablement réapproprié l’histoire afin de la rendre la plus humaine et la plus vraisemblable possible. Le personnage de Banner / Hulk, les rayons gamma et la colère source des métamorphoses sont ainsi les seuls éléments figurant dans le comic book original. Aucun « vilain » n’est par ailleurs présent dans le téléfilm. Les trois transformations du scientifique dans le pilote sont le résultat, non pas de confrontations physiques, mais de fortes émotions (douleur, stress et peur) ressenties par le Dr Banner. Ce sont d’ailleurs ces métamorphoses qui feront le succès de la série notamment auprès des plus jeunes : une musique stridente, suivi d’un gros plan sur les yeux devenus blancs de David Banner pour finir sur les déchirements de chemises. Ces séquences seront reprises durant chaque épisode du show et en feront sa marque de fabrique.

 

 

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Comparé aux comics des années 1970, le culturiste Lou Ferrigno s’avère convainquant dans le rôle de Hulk. Tous les moyens possibles à l’époque ont été utilisés pour donner vie au célèbre géant vert.  Pour ce premier téléfilm, sous la direction du maquilleur Werner Keppler (« V », « Alien Nation ») la créature adopte un look néandertalien (à l’aide d’une prothèse faciale), le monstre étant conçu comme une sorte de version primitive de l’être humain. Il apparaît ici totalement muet (contrairement aux comics) ne parvenant à s’exprimer que par de simples grognements. Le monstre n’est toutefois pas dépourvu de sensibilité (à l’image de David Banner) comme le prouve sa dernière scène dans le téléfilm. Par ailleurs, en termes de mise en scène, Kenneth Johnson filma souvent Lou Ferrigno en contre plongée afin de lui donner davantage de démesure, le culturiste mesurant en réalité moins de deux mètres.

 

 

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Au final, ce premier téléfilm s’avère de très bonne facture pour les amateurs du genre. L’épisode donne notamment une dimension très humaine à l’histoire de Hulk. La qualité du jeu de Bill Bixby alliée au scénario et à la mise en scène de Kenneth Johnson hisse ce pilote au rang des meilleurs épisodes de cette série télévisée.

 

 

 

INFOS SUPPLEMENTAIRES

 

 

* Le téléfilm a été tourné en 18 jours en Californie avec un budget de 2 millions de dollars. Plusieurs scènes ont été filmées à l’Institut des Arts de Californie et au Providence Saint Joseph Medical Center.

 

* A l’origine c’est Richard Kiel (Requin, l’adversaire de James Bond dans deux films avec Roger Moore) qui interprétait la créature dans l’épisode pilote. Malgré sa grandeur, il fut finalement remplacé par Lou Ferrigno, faute d’une musculature suffisante. Néanmoins, l’acteur apparaît très brièvement (en contre-plongée) dans le rôle de Hulk lorsque le monstre arrache un arbre pour sauver une petite fille tombée dans un lac.

 

* Plusieurs séquences dans lesquelles figurent la créature font directement échos au Frankestein (1931) avec Boris Karloff. La plus notable met en scène Hulk et une petite fille au bord d’un lac.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* Le moulage de l’empreinte du pied de Hulk dévoilé par Jack McGee est en réalité un accessoire de l’épisode d’ouverture de la seconde saison de « Super Jaimie » intitulé «The Return of bigfoot».

 

* La femme de David Banner est interprétée par l’actrice Lara Parker. Son nom ne figure pas au générique du téléfilm. 

 

 

 

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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 20:48

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Après un troisième épisode résolument trop orienté vers la comédie, l’Homme d’Acier finit par revenir dans les salles obscures en 1987. Pour ce nouvel opus, Christopher Reeve souhaitait redorer le blason du super-héros en renouant avec la qualité du premier film signé par Richard Donner. SILVER SCREEN revient sur  la production de ce dernier volet de la saga originale.

 

 


SYNOPSIS


 

Superman (Christopher Reeve) revient sur Terre au terme d’un long voyage interplanétaire. Il reprend l’apparence du timide journaliste Clark Kent, regagne les bureaux du Daily Planet et découvre que  Perry White (Jackie Cooper) a été contraint de céder le grand quotidien au richissime David Warfield (Sam Wanamaker), qui veut en faire un journal à sensation. Sa fille, Lacy Warfield (Mariel Hemingway), tombe bientôt amoureuse de Clark qu’elle s’étonne de voir disparaître périodiquement pour de mystérieuses missions.

   

De son côté, Lex Luthor (Gene Hackman),  a échafaudé un plan diabolique : à l’aide d’une mèche de cheveux de Superman, il a fabriqué un Homme Nucléaire (Mark Pillow) qu’il lance à l’assaut du héros …

 

 

 

 

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PRODUCTION

   


Suite à l’échec commercial de Supergirl réalisé par Jeannot Szwarc, les producteurs Ilya et Alexander Salkind cèdent les droits de Superman à Menahem Golan et Yoram Globus, patrons de la société Cannon Films, en mai 1985 lors d’un dîner à Cannes. A l’époque, la firme jusqu’alors connue pour ses longs métrages à petits budgets, est en plein développement. Elle initie plusieurs séries de films telles qu’Allan Quatermain ou Delta Force et affiche clairement la volonté d’exploiter des franchises lucratives sur le grand écran (Les Maîtres de l’Univers).

     

Pour les nouvelles aventures de l’Homme d’Acier au cinéma, la société souhaite bien entendu le retour de son interprète original, Christopher Reeve. Néanmoins, l’acteur est quelque peu sceptique à l’idée de renfiler la cape. Il reste en effet très déçu par le troisième volet de la saga mais se laisse finalement convaincre dès lors qu’on lui propose un droit de regard sur le script de Superman IV : « C’était pour moi une condition sine qua non. J’avais besoin de retrouver mon enthousiasme original pour le personnage de Superman et d’exercer davantage de contrôle sur lui. J’avais insisté pour que cet épisode touche à des problèmes actuels. Superman n’y fait plus seulement figure d’extraterrestre, et s’il est doué de pouvoirs spéciaux, il n’en appartient pas moins à notre monde». Le but de Christopher Reeve est en quelque sorte de revenir à l’essence des premières aventures de Superman. En effet, dans les années 1940, l’Homme d’Acier était très ancré dans son époque. Jerry Siegel et Joe Schuster avait notamment publié dans le Look Magazine une histoire intitulé « Comment Superman arrêterait la guerre ? ». En l'espace de quelques vignettes, les deux auteurs nous montraient Superman faire un saut à Berlin et Moscou, y capturer Adolf Hitler et Joseph Staline, avant de les livrer à la société des nations, où ils étaient immédiatement jugés. Mais l'acteur souhaite avant tout, dans un contexte de guerre froide, livrer un message pacifiste, un peu à la manière du film "Le Jour où la terre s'arrêta" (1951). Dans ce contexte, Mark Rosenthal et Lawrence Konner ("Les Diamants du Nil", "Star Trek VI") sont alors engagés pour écrire le script du film.  

 

 

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Côté réalisation, Richard Donner est logiquement approché pour relancer l'Homme d'Acier. Il décline néanmoins la proposition déclarant avoir fait le tour du personnage. Les conditions de tournage sur les deux premiers films avec les Salkind l'ont probablement dissuadés de reprendre l'aventure. Wes Craven, connu à l'époque pour avoir réalisé "Les griffes de la nuit" (1984), est également envisagé pour donner un nouveau souffle à la saga. Mais c'est finalement Sidney J. Furie qui sera sélectionné par les producteurs. Son expérience pour les scènes de vol dans "l'aigle de l'enfer" (1986) semble avoir été déterminante. "Je suis venu sur Superman IV six mois après que la Cannon eut démarré la production" explique le metteur en scène au Mad Movies en 1987. "Le projet m'intéressait et je n'avais jamais travaillé sur un tournage de ce type avec de nombreux effets spéciaux". 

 

 

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Doté d'un budget initialement estimé à 37 millions de dollars, les producteurs parviennent peu à peu rassembler le casting original de la saga. La Cannon réussit à convaincre Gene Hackman de reprendre son rôle de Lex Luthor. Même Margot Kidder est de la partie après quelques négociations difficiles : "Les producteurs ne voulaient pas du tout de moi initialement" admet l'actrice à Starlog en 1987. "Ils voulaient auditionner une autre Loïs. Ils pensaient que j'étais trop âgée. J'étais vraiment blessée. C'était peut être une tactique pour diminuer mon cachet. Je ne pouvais supporter l'idée que quelqu'un d'autre puisse incarner ma Loïs, je l'ai inventé, non pas en me basant sur les comics mais sur le personnage décrit dans le script original". Le tournage débute le 15 septembre 1986 au Royaume-Uni. 

 

 

 

 

 

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COUPES BUDGETAIRES

   


Malheureusement, la situation va rapidement se compliquer derrière la caméra. En 1986, la Cannon subit en effet plusieurs échecs commerciaux l’obligeant à réduire le budget du film de moitié pour pouvoir financer d’autres projets (dont Les Maîtres de l’Univers), tout en conservant les engagements vis-à-vis de Gene Hackman et Christopher Reeve. Dans ce contexte, la production n’a pas d’autres choix que de réaliser des économies. « Nous étions handicapés par des restrictions budgétaires » explique Christopher Reeve dans son autobiographie « Vivre » (1998).  « Cannon Films avait environ trente projets en chantier à l’époque, Superman IV n’étant que l’un d’entre eux.  Konner et Rosenthal avaient écrit une scène où Superman atterrissait en plein milieu de la 42ème rue et la descendait jusqu’aux Nations-Unies, où il faisait un discours. Si nous avions dû tourner cette scène pour Superman I, nous l’aurions fait dans la vraie 42ème rue. Richard Donner, le réalisateur, aurait alors organisé des déplacements de centaines de piétons et de véhicules et aurait enchaîné au montage sur les employés de bureau à la fenêtre, bouche bée à la vue de Superman descendant la rue tel le joueur de flute de Hamelin. A la place, nous avons filmé la scène en Angleterre, dans une zone industrielle sous la pluie avec une centaine de figurants, sans une voiture en vue, et un lâcher d’une douzaine de pigeons pour tout effet d’ambiance. Même si l’histoire avait été remarquable, je ne crois pas que nous aurions eu les moyens de répondre aux attentes du public ». 

     

Même les effets spéciaux, éléments indispensables à la réussite d’un film de ce genre sont sérieusement affectés. « Sidney me demanda de venir à Londres et de réaliser les effets spéciaux de Superman IV, ce qui me rendait à la fois heureux et anxieux » explique Harrison Ellenshaw le nouveau responsable des effets spéciaux « Cependant, j’ai réalisé très rapidement que le budget était très loin de ceux des trois premiers films financés par les Salkind et par Warner Bros. Ça allait être fait à l’économie, ce qui ne me surprenait pas puisque je savais que CANNON FILMS le finançait. J’étais prêt à relever le défi. Mais dès que j’ai lu le script, j’ai réalisé qu’il y avait plus d’effets sur ce film que les trois combinés. La version longue du film comprenait 600 plans truqués ». Afin d’être le plus productif possible, la technique de la projection frontale pour laquelle la production originale avait été oscarisée en 1979, est délaissée au profit de trucages optiques. Selon John Cryer, l’interprète du neveu de Lex Luthor, peu de temps avant la sorti du film Christopher Reeve l’avait averti des économies réalisées sur le film. « Quelques mois après le tournage, je rencontre Chris Reeve dans la rue. Je lui propose d’aller diner ensemble. On va restaurant. Je lui dis que je suis excité par le film et lui demande quand il va sortir. Il prend sa respiration et me répond « Il faut que je t’avertisse : c’est un immense gâchis. Nous avions prévu de filmer six mois de scènes de vol. Ils en ont retiré cinq. La manière dont ils ont monté tout cela a à peine du sens ». Cryer précise « J’étais dévasté. Je voulais tellement participé au retour de Superman ».

 

 

 

 

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UN MONTAGE RACCOURCI

   

Dans sa version cinéma, SUPERMAN IV est le plus court de la saga originale, soit 89 minutes (montage américain). Toutefois, le montage initial du film s'avérait bien plus long : "En fait, lorsque nous avons terminé tous les plans truqués, le long métrage durait 2h15, ce qui correspondait au montage voulu par Sidney J. Furie" explique Harrison Ellenshaw, le superviseur des effets spéciaux. "Il l'a amené chez la Warner à Los Angeles, et Terry Semel et Bob Daily, en charge de la production lui ont demandé de couper 40 minutes, car ils trouvaient le résultat trop long". 

 

Pour l'équipe des effets spéciaux, cette décision tardive s'avère regrettable, tous les trucages ayant été finalisés à la hâte. "Je regrettais que nous ayons passé notre temps et notre énergie sur 600 plans à effets spéciaux alors que nous aurions pu concentrer nos efforts sur moins de plans" explique Harrison Ellenshaw au magazine britannique Dreamwatch. 

 

 

 

Le monteur John Shirley ("Vivre et laissez mourir", "Allan Quatermain et les mines du roi Salomon") fait son possible pour préserver une certaine cohérence au film malgré les nombreuses coupes. Toutes les scènes concernant la première version de l'Homme Nucléaire créée par Lex Luthor sont tout simplement supprimées. 

 

 

 

Le film a par ailleurs le droit à un montage différent pour les Etats-Unis et le reste du monde, où trois minutes supplémentaires de film sont intégrées. 

 

 

 

 

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ECHEC COMMERCIAL

   


Lors de sa sortie en salles en 1987, les critiques sont unanimes « SUPERMAN IV » est un échec. Dave Kehr, du Chicago Tribune, titre symboliquement son article « C’est un oiseau, c’est un avion – C’est un mauvais film ». Pour lloyd Sach du Chicago Sun Times « Superman IV ne peut pas décoller ». La pauvreté des effets spéciaux et les incohérences du montage sont notamment pointées du doigt, la presse ayant notamment connaissance déjà à l’époque de l’existence d’une version longue. Le message « Anti-nucléaire » du film est par ailleurs remis en cause pour son caractère simpliste.

 

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Pour Tom Mankiewitz, l’un des scénaristes du Superman de Richard Donner, le scénario du film est véritablement responsable de cet échec. « Ce face-à-face était nul. [Au moment de l’écriture du scénario] j’ai dit à Chris : "Chris, voilà ce dont il faut faire attention : ne te mêle pas de ce dont Superman est capable de s’occuper tout seul. Tu veux définitivement débarrasser la Terre de toutes les armes nucléaires ? Superman peut le faire en une heure. Il n’a qu’à toutes les expédier dans l’espace. Si tu écris un scénario sur Superman, n’y mets pas une séquence de tsunami. Il peut l’arrêter en chemin. Personne n’est obligé de mourir. Ne parle pas de famine ni de pauvreté, parce qu’il pourrait régler tout ça. Donc, il faut être très attentif à ce qu’on écrit quand on imagine les périls dont il peut lui-même s’occuper." J’ai alors dit : "Chris, ça ne va pas marcher. Même si je veux y croire et même si c’est un sujet sensible dont il faut parler, il faut être vigilant quant aux capacités de tes personnages. L’un des problèmes qu’avait Superman IV : Le face à face, c’est qu’il prenait des aspects ouvertement politiques. C’est le genre d’idées qui annonce la fin. C’est à éviter à tout prix. Avec Superman, on ne parle jamais de politique. On peut entendre des choses comme : "Pendant la Seconde guerre mondiale, il aurait très bien pu être le héros de l’Amérique." Mais Superman n’est jamais parti combattre les Nazis en Allemagne, et cela pour une bonne raison : Superman pouvait gagner cette guerre en un seul jour. Il n’a donc rien à faire dans ce genre d’histoires. Si tant est que Superman a une conscience politique, il peut très bien l’appliquer dans la réalité sans aide aucune ; c’est la raison pour laquelle on ne devrait pas y toucher. L’instant où on donne à Superman un problème social à régler, par exemple celui des sans-abris, en tant que spectateur, je dirais quelque chose comme : "espèce de fainéant, tu pourrais très bien construire des foyers pour ces sans-abris en une seule journée. Tout ce que tu as à faire, c’est de récupérer le bois, [construire les maisons], meubler les foyers et y installer les sans-abris. Même s’il y a 100 millions de sans-abris, Superman pourrait s’en occuper."  Il faut donc éviter que le public ne se dise : "Bon sang, pourquoi ne va-t-il pas régler ce problème ? ».

 

D’un point de vue purement commercial, le film est un flop.  Pour son exploitation aux Etats-Unis, le budget du long métrage n’est même pas rentabilisé (15,7 millions de dollars de recettes). C’est la première fois qu’un film de la saga SUPERMAN échoue au box office.

     

Malgré cet échec incontestable, la CANNON songe à exploiter les 45 minutes coupées du film (notamment toutes les scènes avec le premier Homme Nucléaire) et Albert Pyun est approché pour l’écriture du film. Christopher Reeve, très frustré par le résultat du dernier film, ne souhaite pas retravailler avec la CANNON.  La firme finit par perdre les droits qui reviennent aux Salkind. De nombreuses tentatives seront par la suite réalisées pour ramener l’Homme d’Acier sur le grand écran. L’échec de Superman IV hantera ces différents projets avant que Bryan Singer ne parvienne à le ramener sur le devant de la scène en 2006.

 

 

 

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LE SAVIEZ-VOUS ?

   


* John Williams fut contacté par CANNON FILMS pour signer la bande originale de ce nouveau volet de Superman. Déjà investi sur d’autres projets, il recommanda aux producteurs d’engager son ami Alexander Courage (Star Trek : la série classique, Perdus dans l’espace).  Ce nouveau compositeur délivrera une très belle partition de 100 minutes de musique figurant en intégralité dans le coffret CD « SUPERMAN : THE MUSIC ». De son côté,  Williams signera tout de même trois nouveaux thèmes, ceux dédiés aux personnages de l’Homme Nucléaire, Lacy et Jeremy.

 

     

* Une adaptation du film en bande dessinée fut publiée par DC Comics en 1987. Elle permettait  notamment de donner aux lecteurs une idée assez fidèle de ce qu’était Superman IV à l’origine.

 

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* L’une des scènes les plus controversées du film montre la journaliste Lacy respirer librement dans l’espace dans les bras de l’Homme Nucléaire puis de Superman.

     

* Du fait de son expérience des précédents films, Christopher Reeve était le réalisateur de la seconde équipe sur le quatrième volet. Il a notamment réalisé la scène de combat entre Superman et l'Homme nucléaire se déroulant sur la lune.

 

* Les scènes de vol de Superman : IV font pâle figure en comparaison à celles du premier film, pourtant réalisées une décennie plus tôt. Les mêmes plans de Christopher Reeve volant face à la caméra sont notamment réutilisés plusieurs fois dans le film, l’équipe des effets spéciaux s’étant juste contentée d’insérer différents arrières plans.

 

 

* A la sortie du film en salles de nombreux cables étaient restés apparants. Il fallut attendre la sortie du coffret Blu Ray en 2011 pour qu'ils soient finalement effacés.

 

* Majoritairement tourné à Londres, le film fut projeté le 27 juillet 1987 en avant première au Leicester Square Theater en compagnie de Lady Diana et du Prince Charles.

 

 

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* Les éditions DVD et Blu-Ray du film ne comprennent malheureusement que le montage américain de 89 minutes. Il faudra se détourner vers les éditions VHS et Laser Disc pour retrouver les trois minutes manquantes en VF et avec les effets spéciaux finalisés.

 

 

 

* Dans le montage cinéma européen (92 minutes) de Superman IV, une séquence nous montrait une jeune fille sauvée d'une tornade par l'Homme d'Acier. L'enfant était incarnée par la fille de Christopher Reeve, Alexandra. .

 

 

 

* Il fallut attendre novembre 2006 et la sortie du coffret ultimate 11 DVD pour découvrir 31 des 45 minutes coupées de Superman IV.

 

 

 

* Aujourd’hui encore certaines séquences demeurent inédites, plus particulièrement, celle où Clark se recueille sur la tombe de ses parents et une autre où lui et Lacy dansent ensemble au Metro Club dans le cadre d’un reportage sur les jeunes à Metropolis.

 

 

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*Après que les Salkind se soient réapproprié les droits de SUPERMAN, Christopher Reeve fut recontacté pour reprendre le rôle. Il s’était dit prêt à rejouer le personnage à condition que le scénario soit bon et que les moyens déployés soient similaires à ceux du premier film à son époque.

 

 

 

NOTRE AVIS

 

 


 « SUPERMAN IV » ne parvient véritablement pas à renouer avec la qualité des deux premiers films. Certes, tout n’est pas à jeter. L’Homme d’Acier est enfin traité avec sérieux, ce que ne savait pas faire Richard Lester. Le début du long métrage à la ferme de Smallville illustre bien la volonté de l’équipe de production à respecter le mythe de Superman, la séquence du double dîner romantique fonctionne également très bien à l’écran, et on ne peut que s’enthousiasmer en voyant l’Homme d’Acier apparaître non plus comme un américain mais un citoyen du monde afin de défendre des valeurs pacifiques.

 

 

 

Malgré ses bonnes initiatives, le film ne dégage pas de magie et manque cruellement de moyens. Difficile de croire qu’un homme peut voler, même à l’époque! La scène où Superman vole avec Loïs ne supporte absolument pas la comparaison avec celle du premier film. Quant aux séquences de combats entre Superman et l’Homme Nucléaire, elles ne possèdent nullement la dimension épique du deuxième film. Le long métrage est par ailleurs truffé d’invraisemblances, renforcées par la coupe de 45 minutes de scènes au montage.

 

 

 

Finalement, si le film mérite un visionnage, c’est bien pour Christopher Reeve. L’acteur demeure impeccable dans le rôle du dernier fils de krypton. Dommage que son talent n’ait pas été mis au service d’un film de meilleure envergure. 

Sources : Mad Movies, Starlog, Forgotten Silver, dossier de presse Superman IV, Empire Magazine

 

 

Lire review SUPERMAN III

Lire review SUPERMAN II

Lire review SUPERMAN : THE MOVIE

Lire biographie Christopher Reeve 

   

 

 

Bande annonce mettant en valeur sur le ton de l'humour les nombreux défauts de Superman IV 

 

 


 

 

Extrait de la scène de la tornade (finalisée) incluse lors de la sortie cinéma de Superman IV

 

 


 

 

 

Extrait de l'emission ENTERTAINEMENT TONIGHT (1986) dédiée au tournage de Superman IV

 

 


 
Une excellente chronique vidéo dédiée à Superman IV

 

 

 

 

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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 23:48


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Troisième volet de la saga cinématographique lancée en 1978 par les producteurs Ilya et Alexander Salkind, «SUPERMAN III » marque un tournant dans la saga originale. Retour sur un épisode « hors norme » qui fête ce mois-ci son trentième anniversaire.

 

 

SYNOPSIS

 


Clark Kent (Christopher Reeve) est de retour à Smallville, sa ville natale, pour écrire un reportage. Mais un incendie au sein de l’usine pétrochimique locale oblige rapidement le jeune reporter à reprendre l’identité de l'Homme d’Acier. Pendant ce temps, à Métropolis, August Gorman (Richard Pryor), nouvel informaticien chez Webscoe parvient à ajouter à son salaire d’importantes primes en manipulant habilement l'ordinateur central de la compagnie. Le PDG, Ross Webster (Robert Vaughn), découvre rapidement ses talents de fraudeur et décide de les mettre à profit pour dominer l'économie mondiale. Dans le même temps, il le charge d’anéantir SUPERMAN à l’aide d’une Kryptonite synthétique. Les effets de la pierre vont néanmoins s’avérer inattendus, l’Homme d’Acier devenant peu à peu une version obscure de lui-même...

 

 

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RICHARD LESTER A NOUVEAU AUX COMMANDES

 


Suite au succès commercial et critique de SUPERMAN II, Alexander et Ilya Salkind mettent rapidement en chantier un troisième volet des aventures de l’Homme d’Acier. Un premier scénario écrit par Ilya développe l’intrigue autour des personnages de Mxyzptlk, Brainiac et Supergirl. Mais cette version est rapidement abandonnée, la WARNER n’étant pas séduite par l’idée de base.

 

 

Finalement, c’est devant leur poste de télévision que les producteurs vont avoir une révélation. Un soir au cours de l’émission le « Johnny Carson Show », l’humoriste le plus aimé d'Amérique au début des années 1980, Richard Pryor, fait une critique élogieuse de Superman et déclare qu’il aimerait jouer dans l’un des films.  Séduits par l’idée de réaliser un SUPERMAN davantage orienté vers la comédie, les producteurs lui proposent un contrat que l’acteur accepte immédiatement. Ils chargent rapidement David et Leslie Newman, deux des scénaristes du premier opus, de l'écriture du scénario. Pour rappel, à l’époque du premier film, le réalisateur Richard Donner avait fait intervenir son ami, le scénariste Tom Mankiewicz, dans la réécriture du script, les éléments développés par le couple Newman s’avérant trop parodiques.  

 

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Leslie et David Newman écrivent un script susceptible d’exploiter pleinement le potentiel comique de Richard Pryor, tout en tachant d’incorporer des éléments de la mythologie Superman destinés à plaire aux fans. C’est dans ce contexte que Superman revient à Smallville, rencontre son amie d’enfance et finit par se dédoubler sous l’influence d’une nouvelle variété de kryptonite. Pour les scénaristes il est également question de rattacher davantage ce nouveau film de Superman à son époque. Les années 1980 étant marquées par l’essor de l’informatique, le long métrage place l’ordinateur au centre de son intrigue. Comme l’admet le producteur Pierre Spengler à l’époque « Si nous avions tourné le film, il y a trois ans, nous n’en aurions sans doute pas parlé de la même façon, car les ordinateurs n’étaient pas aussi présents ». 

 

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Le script finalisé, le réalisateur Richard Lester se voit à nouveau confier la mise en scène du film, les producteurs appréciant sa rapidité d’exécution. Quant au casting, il réunit l’ensemble des acteurs originaux, bien que Margot Kidder voit sa participation limiter à de la figuration au profit d’Annett O’Toole dans le rôle de Lana Lang. Selon la rumeur, Kidder aurait été sanctionné pour avoir critiqué l’attitude des producteurs vis-à-vis du réalisateur de "Superman : Le film", Richard Donner, dans le magazine anglais « Time Out ».

 

 

D’une durée de 17 semaines, le tournage de SUPERMAN III mobilisa cinq équipes de production. Outre l’équipe principale et la seconde équipe, Richard Lester dut également coordonner les équipes chargées du tournage des miniatures, des séquences de vol, et de certains effets spéciaux devant être combinés optiquement à plusieurs scènes du film, le long métrage étant réalisé plus d’une dizaine d’année avant la généralisation des effets spéciaux numériques.

 

 

UNE NOUVELLE INTERPRETATION DE CLARK KENT

 

 

Le regretté Christopher Reeve profita de ce nouvel opus pour montrer Clark Kent sous un nouveau jour : « J’ai donné une nouvelle dimension à Clark Kent. Je trouvais qu’après être entré dans les portes deux films de suite, je savais désormais où elles se trouvaient, ainsi que les ascenseurs et les passages piétons. La maladresse constante peut devenir ennuyante ». Ainsi, dans ce volet, le personnage de Clark Kent est mis en valeur par les sentiments qu’il éprouve pour son ancienne camarade de classe, Lana Lang. « Cette situation a permis de faire de Clark Kent un personnage plus intéressant. Il réalise que Lana Lang est amoureuse de lui, il doit absolument lui offrir davantage que cette perpétuelle maladresse qu’il utilise pour masquer sa véritable identité ».  

 

Les talents d’acteurs de Christopher Reeve sont également significativement mis en valeur dans son interprétation du double obscur de Superman. "J'ai feint la pire des migraines. Il y a un démon en lui, et ce démon c'est le gentil Clark. Il est comme un poids qui traine, une force limitatrice. Cet idiot qu'il doit jouer avec des lunettes. Et pour Clark, le mauvais Superman est le démon en lui". L’acteur interprète avec brio la transformation progressive du super-héros sous l’effet de la kryptonite de synthèse.

 

 

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UN SUCCES MITIGE

 


« SUPERMAN III » sort dans les salles durant l’été 1983 face à d’importants concurrents tels que « Le Retour du Jedi » et « Octopussy ». Pour la presse, le film n’est visiblement pas la réussite attendue essuyant plus de critiques que de félicitations. En novembre 1983, le magazine dédié à la Science-Fiction, Starlog, livre à ses lecteurs la critique suivante : « Ce film est amusant. Sans aucun doute. Mais ce n’est pas le film que vous retournez voir plusieurs fois. Il n’a pas la dimension épique de « Superman : le film ». Dommage. Cela s’avère vraiment décevant. Le public voulait plus de la vision originale. Il est possible que ce soit le dernier film de Superman. Christopher Reeve a déclaré son intention de rendre sa cape. Si tel était le cas, c’est le bon moment pour s’arrêter. Dans le cas contraire, il va falloir revenir à la vision originale qui avait fait du premier film un succès ».


Christopher Reeve lui-même admettait dans son autobiographie « Vivre » qu’il n’était pas satisfait de ce troisième volet : « Le résultat fut une comédie pour Richard PRYOR plus qu’un vrai Superman (…) Je regrettais Richard Donner et le travail que nous avions fait deux ans plus tôt. Cependant, il y a une scène que j’ai bien aimée : c’est celle dans laquelle Superman devient une version maléfique de lui-même et essaie de tuer Clark Kent dans une casse automobile. Cette scène est la seule qui tienne. Le reste de Superman III est une méprise ».

 

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D’une manière plus générale, pour les spectateurs, la magie semble également moins opérée que pour les deux premiers opus. Au box office Nord Américain, le film rapporte 57 millions (ce qui équivaudrait à 125 millions aujourd’hui) pour un budget de 39 millions. Pour les producteurs, il s’agit donc toujours d’un investissement rentable bien que moins impressionnant qu’en 1978. Le producteur Pierre Spengler a déclaré récemment dans la presse française « C’est vrai (qu’il a été moins bien accueilli par la critique) mais au niveau des recettes, ce n’était pas un échec.  Pour le troisième film, nous avons cherché à donner une impulsion différente à la saga. Il était intéressant de voir un Superman schizophrène, devenir méchant. En même temps nous avions la fibre comique avec Richard Pryor. Dans le premier Montage, Richard Lester avait clairement mis l’accent sur Superman. De toute façon, nous ne voulions pas refaire le même film. Peut-être avons-nous voulu être trop originaux » (l’écran fantastique n°335 – Octobre 2012). De son côté le producteur Ilya Salkind déclarait en 2006 « Superman III est juste un épisode de SUPERMAN. Je continue de croire que c’est un bon film mais ce qui me pose le plus de soucis c’est que Superman n’est pas autant au centre de l’action qu’il aurait dû être ».

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LE SAVIEZ VOUS ? 

 

 

* Superman III est le seul film de la saga originale à ne pas commencer par un générique dans l'espace. Néanmoins, en décembre 1988, pour sa diffusion sur la chaîne américaine ABC, le long métrage s'ouvrait de la manière suivante :

 


 

 


* A côté du photomaton, au début du film, quand Clark Kent se transforme en Superman, on remarquera un jeune garçon blond accompagné de sa mère. Il s’agit du jeune Aaron Smolinski, l’interprète de Kal-El âgé de trois ans (qui soulève la voiture de Jonathan Kent) dans le premier opus.

 

 

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*  Comme les deux précédents volets, une grande partie de « Superman III » fut réalisé aux studios Pinwood au Royaume-Uni. Dans ce contexte,  pour la production, il fut difficile de disposer de suffisamment de véhicules américains pour la scène se déroulant dans le cimetière de voitures. « Nous avions entendu parler d’un Américain expatrié qui s’était spécialisé dans la recherche de pièces détachées pour les véhicules venant des Etats-Unis » se remémore le décorateur du film Peter Murton.  « Lorsque nous l’avons contacté, cet homme nous a déclaré qu’il était en train de transporter toutes ses carasses de voitures vers un nouveau terrain. Je lui ai proposé de lui emprunter ses véhicules pendant quelques jours, après quoi nous les acheminerons jusqu’au nouveau terrain, avec, en prime, une somme d’argent ». C’est ainsi qu’une partie des studios Pinewood fut envahie par un long convoi de camions transportant des épaves originaires de Détroit.

 

* Pour l'acteur comique Richard Pryor, le film fut difficile à tourner "J'ai peur de l'altitude" avoua t-il au metteur en scène. "Même dans un ascenceur, j'ai le vertige. Et je prends une assurance de vol pour regarder un film depuis le balcon. Peut-être croyez-vous réellement qu'un homme peut voler.  Quant à moi, je me demande encore comment les avions y parviennent." 

 


 

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* Bien que Margot Kidder (Loïs Lane) et Richard Pryor (August Gordman) ne jouent pas ensemble dans Superman III, ils ont eu l’opportunité de se donner la réplique dans le film « Some Kind of hero » (1982).

 

 

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* Annette O’Toole prend la relève de l’actrice Diane Sherry dans le rôle de Lana Lang. Elle incarnera 18 ans plus tard, la mère de Clark, Martha Kent, dans la série télévisée Smallville.

 

 

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* Comme pour « Superman II » Ken Thorne composa la bande originale de ce troisième volet. Les enregistrements eurent lieu entre le 14 février et le 18 mars 1983 au Music Center à Londres.

 

 

* La série télévisée SMALLVILLE comprend un clin d’œil évident à Superman III. En effet, dans l’épisode d’ouverture de la saison IV intitulé « Renaissance », Clark Kent se dédouble et est confronté à une version maléfique de lui-même sous l’effet de la Kryptonite noire. De plus, Margot Kidder et Annett O’Toole y partagent une scène.

 

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* Pierre Arditi double pour la dernière fois Christopher Reeve dans Superman III. Il sera succédé par Hervé Bellon (voix française de Sam Neill) pour la quatrième volet.

   

* La structure narrative des SPIDERMAN de Sam Raimi s’avère s’sensiblement proche de la saga Superman : la naissance du personnage dans le premier, la perte des pouvoirs dans le second et le passage du côté obscur dans le troisième.

 

NOTRE AVIS

 

 

« SUPERMAN III » marque un important tournant dans la saga originale. Malgré ses indéniables talents d’humoristes, Richard Pryor occupe une place bien trop importante dans l’intrigue au détriment de Christopher Reeve, toujours impeccable dans le rôle de l’homme d’acier. Dans ce contexte, la comédie prend véritablement le pas sur la mythologie, initialement développée dans le film de Richard Donner. Le spectateur ne peut qu’être surpris de ne pas retrouver le générique d’ouverture dans l’espace sous le thème de John Williams, la forteresse de solitude et même le personnage de Loïs Lane, réduit presque à de la simple figuration!

 

Malgré ses erreurs, le film ne mérite pas pour autant d’être méprisé. Il s’avère divertissant et possède quelques moments forts tels que l’incendie de l’usine de Smallville, les scènes romantiques en compagnie de Lana Lang et la séquence où Superman se bat contre Clark Kent, un moment culte de la saga. Enfin, les effets spéciaux sont de bonne facture pour l’époque.

 

Bref, Superman III est un film divertissant à voir… Au moins une fois.

 

 

Lire review Superman IV : Le face à face 

Lire review Superman II

Lire Review Superman : Le Film

Lire Biographie Christopher Reeve

 


 

Bande annonce moderne du film : 

 

La scène culte du dédoublement : 
 

 Supeman III revu par Oliver Harper :

 

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 16:34

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"SUPERMAN II : L'AVENTURE CONTINUE" marque le grand retour de l'homme d'acier au cinéma, toujours sous les traits du regretté Christopher REEVE.

Retour sur cette adaptation incontournable d'un comic book sur le grand écran.

 

  

SYNOPSIS


Echappés de la zone fantôme, trois criminels originaires de la planète Krypton veulent réduire la Terre en esclavage, au moment même où Superman entreprend de renoncer à ses pouvoirs par amour pour la journaliste Loïs Lane.

Lex Luthor parvient de son côté à s’évader de la prison de Metropolis. Accompagné de son assistante, Eve Techmacher, il part en direction du pôle Nord à la recherche du refuge secret de l’Homme d’Acier : la forteresse de Solitude.

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SUITE COMPLEXE D'UNE SUPERPRODUCTION


Contrairement aux suites habituelles mises en chantier après le succès d’un premier opus, « Superman II » est déjà majoritairement tourné quand le premier long métrage sort sur le grand écran à partir de décembre 1978. Toutes les scènes avec Marlon Brando (Jor-El) et Gene Hackman (Luthor) sont en boîte pour les deux films ainsi que les nombreuses séquences avec Terence Stamp (le Général Zod), notamment l’attaque sur la Lune et le final de la forteresse de solitude. Mais deux ans plus tard, lorsque « Superman II » sort il est signé d’un autre réalisateur : Richard Lester. Que s’est t-il exactement passé durant ce laps de temps ?

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De nombreux conflits opposèrent Richard Donner aux producteurs (Pierre Spenler, Alexander et Ilya Salkind) durant le tournage du premier film, et plus spécifiquement concernant des dépassements de planning. Les méthodes du cinéaste amenèrent notamment à repousser la sortie du film de l’été à décembre 1978. Selon Spengler, les choses ont commencé à s’envenimer « Dès la préparation, cela n’a pas trainé ! Il avait rétrospectivement, une vision qui était juste. Mais il ne s’avait pas bien l’exprimer, dire clairement ce qu’il voulait. Il fallait faire les choses plusieurs fois afin qu’il ait plusieurs options. Il finissait par choisir la bonne, mais cela impliquait un processus long et couteux ».


Les tensions entre Donner et la production se faisaient d’ailleurs ressentir durant la promotion du film. Fin 1978, le magazine « Première » interviewa le metteur en scène et en profita pour lui demander s’il allait achever « SUPERMAN II ». Il déclara au journaliste : «Oui, mais seulement à MES conditions. J’aimerais beaucoup le terminer ne serait-ce que pour Chris (Reeve) et Margot (Kidder) qui sont vraiment formidables ». Il ajouta « Sept jours par semaine, nuit et jour pendant deux ans ! Cela vous retire tout le plaisir de faire ce métier ». Après l’immense succès de « SUPERMAN : le film » au box office, Donner en position de force, précisa qu’il n’achèverait « Superman II » que si Pierre Spengler n’était plus de la partie. « Ce n’est pas très agréable à entendre » précise le producteur en 2012 à l'Ecran Fantastique . « Avec Alexander et Ilya Salkind, nous avons décidé que si quelqu’un devait partir, c’était lui et pas moi ». La Warner et les trois producteurs décident finalement de le remplacer par Richard Lester, réalisateur des « Trois Mousquetaires » et sa suite, tout deux également produits par les Salkind. «Il nous avait donné un coup de main à la production sur le premier film, en servant notamment d’intermédiaire entre Donner et moi » explique Spengler. « Il connaissait le projet et ce qu’il représentait ».

 

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Richard Lester désormais aux commandes du film entreprend un long travail de réécriture. Contrairement à la version initialement entreprise par Donner, son « Superman II » ne s’inscrit pas dans la continuité directe du premier film (telle que perçue dans « Retour vers le Futur II » ou « Star Trek IV » par exemple). « J’ai fait beaucoup de recherches sur Superman » explique le metteur en scène. «Mario Puzo a écrit le scénario d’origine mais il a été considérablement modifié. David et Leslie Newman et moi-même l’avons pratiquement réécrit. D.C. Comics contrôle le personnage, aussi devions-nous en ce qui concerne ses superpouvoirs respecter certains critères mais nous pouvions lui faire vivre de nouvelles aventures».


Dans ce contexte, le film est pourvu d’une toute nouvelle scène d’introduction, une importante séquence d’action en haut de la Tour Eiffel, ce qui a pour effet de couper tout lien avec la fin du premier Superman. Mais la tâche s’avère malgré tout très complexe dans la mesure où ce travail de réécriture doit prendre en considération certaines scènes coûteuses déjà réalisées par Richard Donner. « A plusieurs reprises nous avons inséré des passages de dialogues préexistants en changeant la question  qui les amenait ou la réponse qui les suivait. Car ces séquences correspondaient à des gros plans tournés par des acteurs qui ne participaient plus au tournage, et depuis le lieu de l’action avait changé ainsi que son déroulement. Par exemple, le tournage de Gene Hackman était terminé bien que son rôle occupe une place importante dans « Superman II ». Aussi pour les scènes supplémentaires où il devait figurer, j’ai utilisé une doublure et un imitateur vocal ». Ces nouveaux tournages ont par ailleurs permis au nouveau metteur en scène de s’approprier le film, la Director Guild lui imposant d’avoir réalisé plus de 50% du résultat final pour être nommé réalisateur dans le générique du long métrage.

 

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Parallèlement à ces modifications, un changement majeur intervient au sein du casting du film. Initialement Marlon Brando, interprète du père de Superman, devait jouer un rôle majeur dans ce second volet. Toutefois, les producteurs, ne souhaitant pas payer les royalties de l’acteur, décidèrent de le remplacer et de retourner les passages où il apparaissait initialement avec Susannah York, l’interprète de la mère du super-héros dans le premier film.

 

Le tournage du film se déroula dans des conditions acceptables même si l'ambiance n'était plus la même. Terence Stamp (interprète du Général Zod) concède "Personne ne détestait Richard Lester. Mais c'était très compliqué pour lui. Et il s'avait que nous adorions Richard Donner. Les Salkind l'avaient choisi, car ils s'avaient qu'il ne dépasserait pas le budget". Finalement s'est véritablement Margot Kidder qui fera éclater "l'affaire Donner' en public en exprimant sa colère dans le Magazine Time Out. 

 

UN COMIC BOOK TRANSPOSE AU CINEMA


L’une des grandes forces de ce deuxième opus réside dans son aspect très « comic book ». Dans ce contexte, alors que le premier opus se focalisait sur les actes héroïques de Superman, ce second volet se concentre davantage vers l’action. Une scène majeure du film met notamment en scène un combat titanesque entre l’Homme d’Acier et les trois rebels kryptoniens au sein de Métropolis (qui prend ici l’aspect de New York). Si les adaptations d’aujourd’hui comportent souvent ce type de séquences, il convient de se rappeler que cela fut une première au début des années 1980. A l’époque à défaut d’images de synthèses, tout comme le faisait George Lucas pour « La Guerre des Etoiles » 1977, Richard Lester a eu recours à des techniques de miniatures.

 

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La bataille faisait rage en plein Métropolis sur la rue et dans les airs. Le plateau de la scène était immense. Il s’agissait d’une réplique exacte de la 42ème rue de New-York, une reconstitution qui coûta 2 millions de dollars à l’époque. Elle s’étendait sur 240 mètres mais semblait aller de l’Hudson à l’East River grâce à d’ingénieuses photographies de perspectives.

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A sa sortie en 1980 - 1981, le film fait sensation auprès du public notamment pour ses nombreuses scènes d'actions. Richard Schickel du Time Magazine écrira même que ce second volet "surpassait l'original". 

Le succès financier est là, sans néanmoins atteindre les sommets du premier. Une suite est rapidement mise en chantier, toujours sous la direction de Richard Lester. 

 

THE RICHARD DONNER CUT


C'est en 2000, durant la restauration de "SUPERMAN : THE MOVIE" que le monteur Michael THAU (ancien assistant de Richard Donner sur le film "Fantômes en fête", 1988) découvrit de nombreux rushes de scènes inexploitées de "SUPERMAN II". A l'époque quelques images furent utilisées pour alimenter les documentaires de l'édition DVD du film à succès (2001). 

 

De nombreuses pétitions ont par la suite commencé à fleurir sur internet pour restaurer la « vision » de Richard Donner. Il faudra attendre finalement la production de « Superman Returns » pour que le miracle se produise. Pour la production de son film, le réalisateur Bryan Singer souhaitait en effet exploiter d’anciens rushes de Marlon Brando afin de redonner vie à Jor-El numériquement. Des négociations furent ainsi entreprises avec les ayants droits de l’acteur, permettant d’exploiter toutes les images filmées en 1977. Dans ce contexte, la WARNER pu mettre en chantier la restauration du « SUPERMAN II » de Richard Donner.

 

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Dès avril 2005, Michael Thau est rappelé pour entreprendre le montage. Il reçoit alors 6 tonnes de Rushes d’Angleterre et entreprend avec la complicité de Richard Donner et Tom Mankiewicz la restauration du film. Le défi s’avère néanmoins complexe car Donner n’a en réalité jamais pu achever le film : on estime qu’il réalisa un peu plus de 70% du script original. Dans ce contexe, Michael Thau n’eu d’autre choix que de reprendre 30% du travail de Lester, à savoir les séquences tournées aux chutes du Niagara et les combats épiques au sein de Métropolis. Toutefois, certains aspects comiques furent atténués pour mieux correspondre aux intentions de Donner.

 

 

Au niveau du scénario, cette version reprend les grandes lignes de Lester, qui reprenait déjà celle du script de Donner/Mankiewicz, à savoir l’arrivée des super-vilains sur Terre, la découverte de la double identité Clark/Superman par Loïs Lane, la perte des pouvoirs de Superman. Mais les situations sont amenées de manière différente, ce qui donne l’impression, à la manière de la série « Sliders » d’être dans un monde parallèle. Quelques illustrations en images de quelques uns des nombreux changements (attention aux risques de spoilers):


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Dans le montage original (1980), Superman sauvait Paris de la destruction en envoyant un ascenceur piégé par une bombe atomique dans l'espace. L'explosion libèrait accidentellement les trois rebels kryptonien de la zone fantôme. La "Donner cut" s'inscrit pour sa part dans la continuité du premier film : le missile XK101 intercepté par Superman puis expédié dans l'espace est désormais à l'origine de leur libération. 

 


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Dans le montage de Donner, Loïs a des soupçons sur la double identité de Clark dès le début du film pour des raisons de continuité avec le premier volet. Loïs tente de démasquer l'homme d'acier en se jettant du Daily Planet et non dans les chutes du Niagara. . 


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Autre différence notable : en 1980, Clark Kent révélait bien malgré lui sa double identité à Loïs. Dans la Director's cut de 2006 c'est la journaliste qui amène Clark Kent à dévoiler son invulnérabilité! 




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La scène où Kal-El révèle son intention de renoncer à ses incroyables pouvoirs est désormais plus sombre. Jor-El tente d'en dissuader son fils  de manière plus ferme que ne le faisait sa mère, Lara, dans le montage de Lester. 


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Le montage de 1980 laissait planer un certain mystère quant à la manière que Superman employait pour réintégrer ses pouvoirs. La Donner Cut nous livre ici une révélation en lien avec le premier film. 

 


Le nouveau montage, commercialisé en DVD dès novembre 2006, fut rapidement salué par les fans du premier opus. Nombreux apprécièrent les scènes entre Christopher Reeve et Marlon Brando ainsi que la tonalité plus sombre du film.

 

LE SAVIEZ-VOUS?


* Le tournage de « Superman II » reprit en septembre 1979. L’équipe du film tourna de Pinwood (Londres), à New York, à Paris, aux chutes du Niagara, dans les Rocheuses canadiennes, et en Norvège.

 

* Pour ce nouvel opus, l’équipe des effets spéciaux avait quatre fois plus de combats aériens à régler que dans le premier film. Par ailleurs, c’est la première fois qu’était représenté à l’écran le « super souffle » et la vision laser de l’homme d’acier.

 

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* Le film couta prêt de 40 millions de dollars et en rapporta 108 au box office mondial.

 

* Richard DONNER s'est vu proposer d'être crédité au générique "j'ai demandé à voir  le film. Quand j'ai vu la scène d'ouverture avec la Tour Eiffel, j'ai dit : oubliez-moi". .

 

* "SUPERMAN II" sorti en décembre 1980 dans plusieurs pays : Australie, France, Norvège, Espagne, Argentine et Brésil. Pour la Grande Bretagne et les U.S.A., il fallut attendre l'année suivante pour voir les nouvelles aventures de l'homme d'acier, respectivement le 19 avril et le 19 juin.

 

* Pour la scène de combat au sein de la 42ème rue de New York, La construction des immeubles (dont le Daily Planet), des entrées de métro, des magasins, des snaks, kiosques à journeaux à nécessité 150 kms d’échafaudages, 3 000 m² de vitres, 500 m de cube de béton, 10 tonnes de plâtre et 75 km de tasseaux, trente réverbères, 12 feux clignotants, 3 cabines de téléphones !

 

* Le comédien français Jean-Pierre Cassel joue le rôle d’un chef d’état major dans la scène où les trois Kryptoniens débarquent dans le bureau ovale de la maison blanche.

 

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* Une scène de la version de SUPERMAN II réalisée par Richard Lester puisse directement son inspiration dans l'Action Comics n°306 de novembre 1963 :

 

 

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* Selon le producteur Ilya Salkind, à la fin de l’année 1979, John Williams s’était dit prêt à réaliser la B.O. du film malgré son travail sur « L’Empire contre attaque ». Les méthodes de travail de Richard Lester, habitué à travailler avec Lalo Schifrin et Michel Le Grand, dissuadèrent finalement Williams à reprendre son travail. Le compositeur britannique Ken Thorne fut donc chargé de prendre sa relève en adaptant et réenregistrant ses thèmes originaux. La session d’enregistrement débuta en mars 1980.

 

* C’est au milieu des années 80 que les Américains, les Anglais et les Australiens découvrent via le petit écran des scènes inédites tournées par Richard Donner. Les producteurs de l’époque avaient en effet produit pour la télévision une version longue contenant près de vingt minutes jamais vues auparavant. Il n’y avait cependant aucune scène avec Marlon Brando pour des raisons purement juridiques. 

 

*Après la RICHARD DONNER CUT arriva la SELUTRON CUT. Selutron est un internaute passionné des films de SUPERMAN réalisés par Richard Donner. Spécialiste des effets spéciaux, il travailla à la réalisation d’une nouvelle version du film plus conforme au script original et permettant d’assembler les deux volets en un seul et même film. Selutron a déjà été approché par les dirigeants de la WARNER. Vous pouvez avoir un aperçu de son travail sur le site de CapedWonder : http://www.capedwonder.com/selutrons-superman-ii

 

* Dans son autobiographie, « Vivre » publié en 1998, Christopher Reeve s’exprima sur ce second volet : « Je pense que SUPERMAN II est le meilleur de la série : à la fois pour ses moments de réel comique (dans l’une de mes scènes préférées, Loïs  et Clark posent en jeunes mariés) mais aussi pour la vraisemblance qu’y mit Richard Donner. Celui-ci ne figure pas comme réalisateur de Superman II, pourtant il avait commencer à filmer pendant que nous tournions la première partie. On demanda à Richard Lester de terminer le film. Je l’aimais beaucoup et trouvais que ce n’était pas juste de demander à un réalisateur d’un tel niveau d’imiter le ton et le style de quelqu’un d’autre. Néanmoins, Richard Lester réussit à marquer le film de sa « patte », à y apporter son style d’humour ».

 

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* « SUPERMAN II : THE RICHARD DONNER CUT » est dédié à la mémoire de Christopher Reeve qui « nous a fait croire qu’un homme peut voler ».

 

* La série télévisée « SMALLVILLE » comprend de nombreux clins d’oeils à SUPERMAN II, notamment l’arrivée de criminels kryptoniens sur Terre et la perte des pouvoirs de Clark Kent durant la saison 5. L’intervention du personnage de Zod dans la saison 6 s’exclamant « A genoux devant Zod » est également un référence directe au film.

 

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NOTRE AVIS


« SUPERMAN II » reste un classique du genre. Le mélange de romance, d’action et d’humour fonctionne toujours à merveille trente ans après sa sortie. La relation Clark Kent – Loïs Lane et les scènes de combats dans Métropolis constituent les meilleurs moments du long métrage.

 

Néanmoins, malgré toutes les qualités de la version sortie à l’origine au cinéma, la Richard Donner Cut éditée en 2006, bien qu’incomplète, nous semble être la vision la plus juste du film. Elle s’avère en effet plus mature (à l’image de la relation Kal-El / Jor-El) et plus respectueuse du personnage d’origine. Enfin, d’un point de vue purement technique Donner a une mise en scène beaucoup plus riche et ambitieuse que son remplaçant, même si celui-ci réalisa un travail tout à fait honnête.

 

Bref, si vous êtes un passionné d’adaptation de comic book et de cinéma, vous ne pourrez que vos régaler en comparant ces deux versions. 

 

 

Lire Chronique "Superman : le film"

Lire Chronique "Superman III"

Lire Chronique "Superman IV"

Lire biographie Christopher Reeve

 

La bande annonce

 


 Une excellente chronique vidéo signée Oliver Harper

 

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 20:03

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Réalisé par Richard Donner à la fin des années

1970, « SUPERMAN : THE MOVIE » est la première adaptation ambitieuse d’un comic book sur le grand écran. Elle reste d’ailleurs LA référence du genre, inspirant encore aujourd’hui de nombreux artistes tant dans le monde de la bande dessinée que dans l’industrie cinématographique.

SILVER SCREEN vous propose de revenir aujourd’hui sur ce monument incontournable du cinéma fantastique américain.

« You’ll Believe a man can fly » !



SYNOPSIS


Sur la lointaine planète Krypton, trois conjurés, conduits par le Général Zod passent en jugement. En les condamnant à l’exile éternel dans la zone fantôme, le conseil répond aux souhaits du scientifique Jor-El. Mais il refuse de l’écouter lorsque ce dernier affirme que la planète est menacée de destruction d’ici quelques jours.


Pour sauver leur fils unique Kal-El, le savant et sa femme décident en secret de s’en séparer pour l’envoyer sur la planète Terre. Après un voyage de plusieurs années à bord d’un vaisseau spatial, l’enfant atterrit à Smallville et est adopté par un couple de fermiers, Jonathan et Martha Kent. Baptisé sous le nom de Clark, l’enfant manifeste rapidement des pouvoirs extraordinaires sous l’influence du soleil jaune.


Devenu adulte, et conscient de son héritage kryptonien, Clark part travailler en tant que reporter au Daily Planet… Une simple couverture pour en réalité œuvrer au service du bien en tant que SUPERMAN.


Tandis que l’« Homme d’Acier » se révèle au monde, le Mégaloman Lex Luthor entreprend le projet d’anéantir la côte Ouest des Etats-Unis en utilisant des missiles dérobés à l’Armée… 


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LA SUPERPRODUCTION


Les origines du film remontent à  1973, avec la sortie des « Trois Mousquetaires » de Richard Lester. Produit par Alexander Salkind et son fils Ilya, le film connaît un succès significatif qui les persuade que l’heure est au cinéma à grand spectacle. Alors que les deux hommes sont en pleine réflexion sur leur prochain projet, Ilya Salkind, en séjour à Paris, perçoit une affiche annonçant la sortie de Zorro (1974) avec Alain Delon. Avec l’idée d’un héros costumé en tête, il retourne aux Etats-Unis et finit par proposer à son père l’adaptation cinématographique de la bande-dessinée de Superman. Les deux hommes acquièrent donc rapidement les droits du super-héros de DC Comics et planifient la sortie du long-métrage pour 1978, année du quarantième anniversaire de Superman.


Pour assurer la crédibilité de leur projet auprès des financeurs et distributeurs d’Hollywood, les deux producteurs dépensent en amont plusieurs millions de dollars pour convaincre Marlon Brando et Gene Hackman d’intégrer le casting de Superman. Un pari osé qui permettra aux Salkind d’attirer des partenaires financiers et de se doter d’un budget record de 55 millions de dollards, soit le film le plus cher de l’époque. 


Le scénario est confié à Mario Puzo, auteur émérite du roman « Le Parrain » (1969) et scénariste de la trilogie éponyme culte de Francis Ford Coppola (1972-1990). Il rédige un script suffisamment dense pour envisager la réalisation de deux films fonctionnant comme une saga complète. Le film prenant forme, de nombreux metteurs en scène sont pressentis dont un certain Steven Spielberg. Mais les dépassements de budget sur « Les Dents de la Mer » et son absence de notoriété font hésiter Alexander Salkind. Au final, la réalisation échoue entre les mains de Guy Hamilton (« Goldfinger »). Le tournage est prévu aux studios cinecittà à Rome notamment dans l'optique de réduire les coûts de production. Le réalisateur entame rapidement les tests visant à faire voler le héros pour un coût estimé à 2 millions de dollars. Alors que tout semble se mettre en place ; Brando révèle qu’il ne peut pas tourner en Italie en raison d’une plainte pour obscénité remontant à l’époque du « Dernier Tango à Paris » (1972). Le tournage est donc rapatrié vers l’Angleterre sans Hamilton qui ne peut pas s’y rendre pour raisons financières. Reste qu’à ce stade, il faut lui trouver rapidement un remplaçant d’autant plus que le casting est loin d’être bouclé.


Les producteurs décident finalement de se reporter sur Richard Donner, metteur en scène connu à l’époque pour le succès du film « La Malédiction ». « Trois mois après la sortie de « La Malédiction », Alexander Salkind m’a téléphoné de Londres pour me proposer ce film » expliquait Richard Donner au magazine français Première en 1978. "J’ai évidemment répondu qu’il fallait que je lise le script. Salkind m’a rétorqué « Pas la peine ! Vous n’avez pas à vous inquiéter : tout le monde trouve le scénario formidable ! J’ai dit : « Hey, hey ! Doucement ! … « Salkind ne m’a même pas laissé parler : « Je vous envoie le script tout de suite ! ». « Et bien dix minutes plus tard, une fille sonnait à ma porte et m’apportait le script ! La pauvre, elle a dû avoir une hernie tant il était gros ! Le plus épais que j’aie jamais vu : près de 600 pages ! C’est ce que Salkind voulait que je filme. J’ai refusé. Sauf, ai-je précisé si je pouvais le faire réécrire ». Le producteur accepte les conditions de Richard Donner. Il confie la réécriture du script à son ami Tom Mankiewicz. Tout en conservant l’essentiel du travail de Mario Puzo, le scénariste modifie sensiblement le contenu pour obtenir un film articulé autour de trois grands actes.


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CHRISTOPHER REEVE : THE MAN OF STEEL


Côté casting, pour le rôle titre, toutes les têtes d’affiche de l’époque sont envisagées, de Steve McQueen à Robert Redford en passant par Nick Nolte et Clint Eastwood. Mais le rôle est finalement confié à Christopher Reeve. Le jeune homme était encore inconnu du grand public à l’époque. Diplômé de Julliard (au côté de son ancien camarade de classe de l’Université de Cornel Robin Williams), son plus grand rôle précédent lui avait permis de monter sur les planches auprès de Katherine Hepburn. L’équipe de casting de Superman avait repéré Christopher Reeve dans une production hors-broadway, « My Life » en 1977. Richard Donner décida qu’il avait besoin d’un acteur inconnu possédant une certaine assurance afin de balayer l’incrédulité du public. Dès la phase de test (où Christopher Reeve portait un justaucorps collant), il était évident que la production avait trouvé ce qu’ils cherchaient exception faite des muscles.


Christopher subit donc un entrainement sportif draconien aux côté de David Prowse (Dark Vador dans la première trilogie Star Wars). Face à des comédiens aussi imposants que Marlon Brando et Gene Hackman, le monde de Superman semblait reposer sur les épaules de plus en plus larges de cet acteur novice du cinéma.


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Accompagné de l’excentrique et courageuse Margot Kidder dans le rôle de Loïs Lane, Christopher Reeve a rapidement trouvé son Clark Kent : un reporter timide et souvent maladroit, inspiré d’un grand acteur du cinéma américain… « Pour camper Clark Kent, je me suis inspiré de Cary Grant jeune » expliquait Christopher Reeve dans son autobiographie. « Dans l’Impossible Monsieur Bébé, où il joue un paléontologue qui travaille sur un dinosaure, il y a une scène merveilleuse où l’on le voit perché sur une échelle qui oscille et va basculer. Il a l’air bizarre et effrayé, un air qui contraste avec Katharine Hepburn, qui vient à son secours, très sûre d’elle, intrépide. Il est timide, vulnérable et il a un côté dingue qui irait parfaitement à Clark Kent. Evidemment, je ne me prenais pas pour Cary Grant, mais rien n’empêchait d’emprunter certains aspects de son personnage ». Devant les manières excessives de Clark, aucun personnage ne reconnaît le super-héros dans le film. Et après tout, cela n’a rien d’étonnant, vu la finesse du jeu de Christopher Reeve notamment dans une séquence importante du film. Dans cette scène, Superman s’envole dans la nuit, laissant derrière lui une Loïs Lane charmée par leur première rencontre. Le même frappe, sans changement de plan à la caméra, quelques secondes plus tard à la porte de Loïs sous les traits de Clark afin de l’emmener à dîner. Alors que Loïs réfléchit distraitement dans la pièce voisine à ce qu’elle va apporter, Christopher ôte ses lunettes et son ton change : son dos se raidit, il se tient droit, son visage se couvre d’une expression confiante et détendue… Mais il retombe brusquement dans le rôle de Clark quand il se rend compte qu’il était sur le point de révéler son secret à Loïs.


Selon Richard Donner, très peu d’acteurs auraient été capables d’interpréter de manière aussi convaincante la façon dont nous nous parons d’un autre visage, face à différentes personnes. De fait, le Clark nerveux de Christopher Reeve fait véritablement parti de tout le personnage, au même titre que l’Homme d’Acier. Son interprétation se composait à parts égales de Clark et de Superman : tous deux construisaient ensemble le personnage.


Si Christopher Reeve a beaucoup apprécié interpréter ce personnage dichotomique, il avouait cependant que c’était en Clark Kent qu’il s’était le plus épanouie. « Superman n’existe que dans les airs, dans nos rêves. Tandis que le monde est plein de Clark Kent » expliquait l’acteur à un journaliste du magazine « Première » en décembre 1978. « J’ai beaucoup aimé en faire un homme maladroit. A ce sujet, Richard Donner m’a donné carte blanche. Je trouve que c’est très généreux – et courageux ! – de la part d’un metteur en scène d’un Blockbuster de laisser faire un acteur de télévision et de théâtre inconnu… Cela dit, il faut bien reconnaître qu’il n’aurait guère été excitant de jouer Superman si je n’avais eu qu’à prendre certaines poses déterminées à l’avance. C’est pourquoi j’ai volontairement « sous - joué » Superman. Il fait des choses si extraordinaires que ce n’était vraiment pas la peine d’en rajouter ».

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UN IMPORTANT DEFI TECHNIQUE


Comme l’annonçait l’affiche de SUPERMAN en 1978, le challenge du film était de faire croire qu’un homme pouvait voler. Tous les moyens possibles de l’époque sont mis en œuvre pour révéler cet important défi. Un pari réussi : l’équipe des effets spéciaux de « SUPERMAN » remporta d’ailleurs en 1979 un Oscar bien mérité pour leur travail chevronné sur le film.


Ce n’était cependant pas une mince affaire d’accomplir ce défi à la fin des années 1970. « 2001, l’Odyssée de l’Espace », « Rencontres du troisième type » ou « La Guerre des Etoiles », les trois films références en matière d’effets spéciaux à cette période, mettaient le plus souvent en scène des maquettes. Or, dans le cas de Superman, il fallait donner l’illusion qu’un homme vole sans que le trucage paraisse grotesque. C’est seulement après huit mois d’essais infructueux que les techniciens de Superman y sont parvenus.

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« Le film a été tourné avant l’arrivée de la technologie numérique » explique Roy Field. « Toutes les techniques imaginables de l’époque ont été utilisées. Beaucoup ont été inventées expressément pour ce film ». La plupart des plans à effets combinent plusieurs techniques. Les Bowie, Colin Chilvers, Roy Field et le réalisateur Richard Donner ont soigneusement choisi les procédés qui créent les effets à l’écran.


Les combinaisons de maquettes, d'incrustations et de projections frontales, permettent la matérialisation de séquences folles, comme le sauvetage de l'hélicoptère, la promenade romantique au-dessus de la ville ou la course contre la montre de Superman pour intercepter un missile balistique dirigé vers la Californie.


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Tous ces trucages ont été soumis au directeur de la photographie, Geoffrey Unsworth, qui a dû affiner les transparences et l'effacement, à l'écran, des câbles de suspension accrochés au costume de Christopher Reeve. Il voulait de plus faire en sorte que les moments où le personnage principal vole soit le plus naturel possible afin que chaque spectateur ait lui aussi l'impression de flotter dans les airs. Aussi désirait-il éclairer le film de manière à ce qu'il reproduise sur l'écran une Amérique plus mythique que réaliste, espace que l'on ne pouvait pas dater, pris entre les années 1930 (temps d'origine du comic) et les années 1970 (époque du tournage), d'où le jeu de forts contrastes et de saturation des couleurs primaires.


SUCCES MONDIAL


Le tournage du film lancé, la Warner souhaite annoncer au plus vite la sortie de Superman. L’engouement engendré par la « Guerre des Etoiles » de George Lucas oblige Donner à confectionner dans l’urgence un teaser diffusé juste avant le film. Alors que les spectateurs n’y voyant aucune image, juste le sigle de Superman transperçant les nuages, les retombées sont immédiates et le public impatient de découvrir l’Homme d’Acier.

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Le film tient le pari de sortie à Noël 1978 aux Etats-Unis et le démarrage est exceptionnel. Le film remporte au final 300 millions de dollars de recettes mondiales (le plus gros succès de la Warner à l'époque) et s'impose dans tous les top 5 dans le monde. En France, le long-métrage prend un départ fulgurant à Paris et saura résister à Louis de Funès avec son "Gendarme et les Extraterrestres". Certes, la province paraît un peu moins sensible que le public parisien car la province française réserve un triomphe à Louis de Funès, le film ne sera donc qu'en septième position au Box Office annuel.


En plus de ce succès financier, le film reporta un important succès critique, notamment en France. En 1979, le magazine « Première » écrit cette critique élogieuse : « Qu’attend-on de Superman au cinéma ? Qu’il vole ! Eh bien maintenant, c’est fait. Et bien fait : tous les moyens techniques possibles ont été mis à disposition de Richard Donner pour que les promenades aériennes de Superman soient réussies. Alors, forcément, elles le sont. Et les maniaques des effets spéciaux vont longtemps se demander comment on a fait pour que l’on voit Superman voler et atterrir dans le même plan… Evidemment, quand Superman redevient Clark Kent, journaliste au Daily Planet, mais les dialogues étant le plus souvent assez drôles et le scénario très riches en trouvailles originales, on passe deux grosses heures bien agréables. C’est d’ailleurs la plus grande surprise de ce « Superman », ce n’est pas seulement un film à grand spectacle, à effets spéciaux formidables, mais aussi une comédie délirante de gaieté. Jubilatoire ».


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LE SAVIEZ-VOUS ?


* Marlon Brando a accepté d’être le père de Superman pour la somme de 3,7 millions de dollars et 11% des recettes totales. Un contrat unique. Gene Hackman lui s’est contenté de 2 millions de dollars. Enfin, suprême ironie, Christopher Reeve n’a touché que 250 000 dollars.


* La production du film nécessita 11 équipes de tournage et mille techniciens répartis sur trois continents où s’établit un tournage d’un an et demi.


* SUPERMAN II fut en grande partie tourné en même temps que ce premier opus par Richard Donner, avant que Richard Lester ne prenne la relève dès 1979.


* Initialement, le film devait être distribué aux Etats-Unis dès l’été 1978. Mais les nombreux défis techniques et logistiques ne permirent pas d’achever « Superman » dans les délais prévus. Il sorti finalement pour la période de Noël.


* Pour son lancement le film fut projeté à la Maison Blanche avec le Président des Etats-Unis, Jimmy Carter, parmi les spectateurs.


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* La musique du film fut signée par l’incomparable John Williams. Sa composition est l’un des plus célèbres thèmes de l’histoire du cinéma moderne avec Star Wars et Indiana Jones.


* C’est l’immense chef décorateur, John Barry, qualifié de génie par Richard Donner, qui a conçu le décor de la Forteresse de Solitude. Si l’extérieur de cet énorme monument de cristal était constitué de peintures sur verre et de maquettes signées Derek Meddings, l’extérieur était construit en plâtre bois et fibre de verre dans l’enceinte du fameux plateau 007 des studios Shepperton en Angleterre.


* Dans la version française, c’est Pierre Arditi qui assura le doublage de Christopher Reeve. 


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* Le DVD du film sorti en 2001 comprend de nombreuses scènes additionnelles (dont plusieurs avec Marlon Brando). Un nouveau doublage français fut pour l’occasion réalisé sur l’intégralité de l’œuvre.


La très rare version TV de "SUPERMAN", diffusée pour la première fois en février 1982 sur la chaîne américaine ABC n’a à ce jour jamais été éditée en DVD ou Blu-Ray. Connue par les fans de l’Homme d’Acier, sous le nom Salkind International Extended Cut, cette version TV, contenant plus de 45 minutes de scènes additionnelles, a été diffusée en France il y a plus d’une dizaine d’années en exclusivité sur la chaîne satellite CinéCinéma, en version originale sous-titrée français.


* Le film a laissé un important héritage dans l’univers de Superman. Les comics ont notamment repris une grande partie de la mythologie développée par Richard Donner tandis que certains dessinateurs s’inspirent ouvertement du modèle de Christopher Reeve pour dessiner l’Homme d’Acier. Les adaptations Live telles que la série télévisée « SMALLVILLE » et le film de Bryan Singer, « SUPERMAN RETURNS » en sont par ailleurs ouvertement inspirées.


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* Un court extrait de « Superman » figure dans le film « Entretien avec un vampire » (1994) réalisé par Neil Jordan.


CONCLUSION


Le « SUPERMAN » de 1978 reste une réussite artistique indéniable. Un succès qui doit beaucoup au soin insufflé sur le projet par Richard Donner. Le réalisateur comprit la figure de « Superman » comme un mythe original américain et la mit en scène avec le plus grand respect pour la version originale créée par Jerry Siegel et Joe Shuster.


Parmi les effets spéciaux grandioses et les décors magnifiques du film, on ne peut que s’enthousiasmer en revoyant Christopher Reeve sur la musique somptueuse de John Williams. Au travers la finesse de son jeu, il est parvenu à donner vie au personnage de bande dessinée comme personne ne l’avait fait avant lui. Il a par ailleurs su insuffler une modestie à Superman en l’interprétant comme « un ami ».


Bref, le « SUPERMAN » de Richard Donner reste un grand classique du cinéma fantastique, très agréable à revoir. Un film ambitieux, optimiste et lyrique qui se distingue toutefois sensiblement des adaptions « sombres » à la mode du moment. 

Lire Chronique "Superman II"

Lire Chronique "Superman III

Lire Chronique "Superman IV"

Lire biographie Christopher Reeve

 

Une rétrospective du film signée Oliver Harper à l'occasion du 35ème anniversaire du film 

 

 



 

 

 

 

Une bande annonce revisitée du film original avec la musique de "Man Of Steel"

 

 




 

 

La musique grandiose de John Williams




 

 

 

 

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 17:38

source code 2011 pcstudiozSorti le 20 avril 2011 sur les écrans français, « Source Code » est le deuxième long métrage signé par Duncan Jones, le metteur en scène de « Moon ». Revisitant de manière originale le thème du voyage dans le temps, le film constitue l’un de nos coups de cœur de l’année.

 


SYNOPSIS

 


Un capitaine de l'armée Américaine, Colter Stevens (Jake Gyllenhaal), se réveille dans un train face à une jeune femme (Michelle Monaghan) dont il ne garde aucun souvenir. Il est en réalité totalement amnésique. Désemparé, il tente alors de recueillir des indices sur son passé jusqu’à ce qu’une bombe explose dans le transport, tuant ainsi tous les passagers.

Reprenant connaissance dans un mystérieux caisson, Colter découvre qu’il participe en réalité à un procédé expérimental permettant de se projeter dans le corps d’une personne et de revivre les huit dernières minutes de son existence. Sa mission : revivre sans cesse les quelques minutes précédant l’explosion afin d’identifier et d’arrêter les auteurs de l’attentat. A chaque échec, les chances de pouvoir revenir dans le passé s’amenuisent.

Alors qu’il essaie d’empêcher l’explosion, ses supérieurs lui apprennent qu’un second attentat est en préparation en plein cœur de Chicago et qu’il ne s’agit plus de protéger les quelques passagers du train mais la ville toute entière. Colter va ainsi vivre une incroyable course contre la montre …

 

 

 

 

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LA PRODUCTION

 

 


Le concept de « Source Code » est né de l'imagination du scénariste Ben Ripley. Dès le départ, il souhaitait que l’histoire ne soit pas linéaire et comporte des éléments de Science-Fiction. « J’adore les films dont l’intrigue n’est pas racontée de manière classique », dit-il. « Je me suis dit que les toutes premières expériences de voyage dans le temps ne pouvait pas être d’une ambition démesurée : plutôt que de remonter le temps de plusieurs siècles, il était plus probable qu’on se limite à quelques minutes ou quelques heures. On imagine très bien que cette nouvelle technologie soit découverte presque par hasard dans un quelconque labo de recherche, puis qu’elle soit utilisée par le ministère de la défense. Personne ne sait vraiment quoi en faire car on est au stade expérimental. Le fait que le personnage principal ne dispose que de huit minutes pour accomplir sa mission lui donne un caractère d’urgence puisqu’il ne glaner qu’une quantité limitée d’informations à la fois ».

 

 

 

 

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Dans ce contexte, Ripley a soumis son idée de voyage dans le temps à courts termes au producteur Mark Gordon (« Speed », « Le Jour d’Après »), qui a tout de suite été enthousiasmé par l'originalité de l'histoire. Le film a donc été mis en chantier, et le scénario développé pendant plusieurs mois. "C’est très rare de tomber sur un projet qui, à la fois, soit original et qui ait un potentiel commercial," explique le producteur Philippe Rousselet, qui s'est également rattaché à l'entreprise. Une fois le scénario bouclé, Mark Gordon s’est rapproché de l'acteur Jake Gyllenhaal pour lui proposer le rôle principal. « Avec Jake, on a tourné Le Jour d’après », note Gordon. « On est resté en contact et on cherchait un autre projet sur lequel on pouvait travailler ensemble. Il a été emballé par le scénario et nous a fait pas mal de suggestions très astucieuses. Jake a été déterminant dans le montage financier du film ». Après avoir accepté le rôle, Gyllenhaal proposa tout de suite aux producteurs de confier le projet au réalisateur Duncan Jones, après avoir été très impressionné par « Moon », le premier film du cinéaste. Il y a d’évidentes résonances entre la réflexion sur le temps, l’identité et l’humanité de « Source Code » et les thèmes du premier film de Jones. « Duncan s’intéresse aux univers parallèles, au nôtre » indique l’acteur principal Jake Gyllenhaal. « Dans le même temps, il plonge au cœur de notre inconscient. Dans ses deux films, le personnage est totalement perdu au départ, puis doit trouver ses repères dans un contexte déroutant. Il tente de comprendre ce qu’il fait et pourquoi il est là ».

 


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Après avoir accepté la proposition, le metteur en scène choisi délibérément de se focaliser sur l’intrigue plutôt que les notions scientifiques. « J’ai quelques notions de philosophies et de science, ce qui m’a bien aidé à comprendre les allusions du scénario. J’ai compris quels étaient les codes, et dans quelle mesure le récit devait respecter ces codes, mais je ne me suis pas senti obligé d’y coller à la lettre ».

Pour Duncan Jones, « Source Code » est l’exemple même d’un nouveau type de Science Fiction « Le mélange d’humour et de Science-Fiction  est réjouissant, » affirme t-il. « Le public n’a pas besoin de saisir parfaitement la logique du raisonnement scientifique – il peut savourer le plaisir de se laisser embarquer dans le film ».

 


ANECDOTES

 


 

* Pour créer les décors de « Source Code », le réalisateur Duncan Jones a fait appel au chef décorateur Barry Chusid, déjà à l'œuvre sur The Patriot, 2012 ou encore Blade. Tout l'enjeu du film était de concevoir un décor de train qui puisse être filmé plusieurs fois et sous tous les angles possibles.

 



* En parallèle au tournage en studio, le superviseur des effets visuels Louis Morin s'est rendu à Chicago pour filmer des images de paysages défilants sous différents angles, et pour ensuite les intégrer à l'image à la place des fonds verts. Un travail qui a demandé à toute l'équipe du film une vraie coordination et une grande précision. "On a dû beaucoup travailler en amont pour que ce qu’on aperçoit par la fenêtre soit aussi raccord avec le décor du train", explique le réalisateur Duncan Jones.

 



* « Source Code » est en partie produit par Vendôme Pictures. Cette petite maison de production française a été fondée par Philippe Rousselet ainsi que par le célèbre présentateur télé : Arthur.

 



* L'acteur Topher Grace (Eddie Brock / Venom dans Spiderman 3) était initialement pressenti pour tenir le rôle principal du film, avant de céder sa place à Jake Gyllenhaal.

 



* Dans la version originale, Scott Bakula (l’inoubliable Dr Sam Beckett dans Code Quantum) prête sa voix au père de Colter Stevens.

 



* Produit avec un budget relativement modeste pour ce type de film, environ 32 millions de dollars, « Source Code » a rapporté plus de 123 millions de dollars à travers le monde lors de son exploitation en salles.

 


* Selon The Hollywood Reporter, la chaîne américaine CBS préparerait une adaptation de "Source Code" pour le petit écran. La série devrait suivre trois anciens agents fédéraux membre d’un programme top secret qui chaque semaine s’infiltreraient dans la conscience de personnes impliquées dans des évènements tragiques.

 


CONCLUSION

 


« Source Code » représente l’une des bonnes surprises de l’année 2011. Rythmé et intriguant, le film repose sur un scénario intelligeant et véritablement passionnant.

 


Bien que le concept initial rappelle inévitablement le film « Un Jour sans Fin » ou la série télévisée « Code Quantum », le réalisateur, Duncan Jones parvient réellement à surprendre son public en empruntant une direction inattendue. Les amateurs de « La Quatrième Dimension » devraient notamment y trouver leur bonheur.

 


 

La bande annonce (V.F.) :

 


 

 

 

 

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 22:24

2978848431 2 3 XyrRwz8V"SILVER SCREEN" consacre aujourd'hui sa chronique à "STARMAN", film de Science-Fiction avec Jeff Bridges et Karen Allen . 

SYNOPSIS

En 1977, une sonde spatiale baptisée Voyager II, est envoyée dans l’espace dans le but de nouer un contact avec d’autres formes de vies intelligentes. A l’intérieur, de l’engin figure notamment un vidéodisque contenant une quarantaine de langues ainsi que des images et des chefs d’oeuvres musicaux censés aider les extraterrestres à comprendre les civilisations humaines…

7 ans plus tard, après réception et étude du fameux message, un voyageur venu d’une lointaine planète (Jeff Bridges), est envoyé en mission d’exploration sur la Terre. Ses maîtres lui accordent trois jours pour vivre comme un homme. A l’issu de ce temps, il devra retourner parmi les siens.

Prenant l’apparence du défunt mari d’une américaine du nom de Jenny Hayden (Karen Allen), l’extraterrestre va malgré lui entrainer la jeune femme, dans une course contre la montre à travers le pays, poursuivi par l’armée américaine.

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UN FILM SIGNÉ JOHN CARPENTER

STARMAN” constitue une œuvre à part entière dans la filmographie du cinéaste indépendant John CARPENTER. Spécialisé dans la réalisation de films d’horreurs et fantastiques (« Halloween : la nuit des masques », « The Thing », « Christine »), ce dernier ne s’était jusqu’ici jamais consacré à une production « Hollywoodienne grand public ». Il voit ainsi dans « Starman » l’opportunité de surmonter l’échec commercial de « The Thing » et d’enrichir sa carrière d’un road-movie romantique mettant en scène un extraterrestre pacifique et une jeune femme veuve. Carpenter se met donc au défi de créer un film optimiste porté par un discours humaniste. 

« J’ai été d’emblée séduit par le scénario de Starman, que m’avaient adressé les directeurs de la Columbia », admettait le réalisateur. « J’ai trouvé un ton drôle et chaleureux, avec tous les ingrédients nécessaires à un bon film». Le scénario connut plusieurs versions, certaines tirant davantage vers la science-fiction, avant de privilégier le côté romantique. C’est Dean Riesner qui, selon Carpenter, était responsable en grande partie de cette réécriture. L’intrigue générale a des similitudes avec le Terminator de James Cameron à ceci près que l’extraterrestre a la candeur d’E.T. de Spielberg et que la menace réside cette fois-ci du côté des hommes, non du Visiteur d’outre-espace (ou d’outre-temps dans le cas du Terminator).

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UN REGARD DIFFERENT SUR LE MONDE

L’une des grandes qualités de ce film réside dans la prestation de Jeff Bridges (récemment revu dans « Iron Man » et « Tron 2 »). Il interprète avec habilité un  extraterrestre naïf et quelque peu maladroit (une optique présente dans le « Superman » de Richard Donner mais sous une forme différente). En effet, ayant reproduit à la perfection le corps du défunt Scott Hayden, à partir d’une mèche de cheveu conservé précieusement à l’intérieur d’un album de photos, la créature, vivant à l’origine à l’état de pure énergie, se déplace comme un androïde maladroit et rigide.

Néanmoins, ce Starman n’est pas pour autant dénué d’émotions. Bien au contraire :  la curiosité et la compassion sont en fait les premières émotions de cet homme venu d’ailleurs face au monde qu’il découvre au cours de ces trois jours. Contraint de regarder pour imiter, il est amené peu à peu à comprendre. Comme l’enfant, il interprète ce qu’il voit et réagit à sa manière, avec générosité et candeur, par exemple en rendant la vie à un daim abattu par un chasseur et exposé sur le capot de sa voiture. Ce faisant, il s’attire la haine du chasseur, non par provocation délibérée mais par ignorance des « coutumes » et des rites terriens. L’humour surgit de manière inattendue lorsque, frappé par le chasseur, l’alien réagit de la manière chez lui la plus naturelle : en imitant le comportement du chasseur, qu’il frappe en retour... avant de plier sous l’assaut d’un groupe de braves campagnards venus à la rescousse de leur ami.

Si l’observation du monde par Starman représente l’un des thèmes majeurs de ce film, tant à travers les objets (les photos, la télévision,) et les comportements (la conduite automobile de Jenny), l’humour est également très important. Il prolonge et traduit à la fois l’innocence du Visiteur, en privilégiant la tendresse et la participation plutôt que la dérision et l’exclusion. On rit des malentendus et des situations non par réaction contre la naïveté de l’extraterrestre mais par sympathie et compassion, parce que son innocence est celle qu’on aimerait avoir conservée, et que son exemple nous démontre à quel point cette innocence est incompatible avec le monde réel.

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ANECDOTES

* Michael Douglas est le producteur de “STARMAN”

* Côté Box Office, le film a rapporté près de 29 millions de Dollars sur le sol américain, pour un budget estimé à 24 millions.

* Trois des plus grands maquilleurs de l'industrie cinématographique, Stan Winston ("Jurassic Park", "Terminator 1&2"), Rick Baker ("Gremlins", "Loup-garou de Londres") et Dick Smith ("L'Exorciste", "Au Dela Du Réel", "Little Big Man"), ont été chargés de concevoir la séquence dans laquelle Starman prend forme humaine.


* Les autres effets spéciaux ont été réalisés par ILM, la société de George Lucas.


* Le film a fait l’objet d’une suite dans une série télévisée de qualité à partir de 1986. Robert Hays (« Y-at-il un pilote dans l’avion ? ») y tenait désormais le rôle de Starman, l’extraterrestre ayant cette fois-ci pris les traits d’un journaliste décédé dans le crash d’un hélicopter. Inspiré du modèle du « Fugitif », le show s’arrêtera malheureusement au bout de 22 épisodes, principalement en raison d’une programmation désastreuse sur la chaîne ABC. 

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RÉCOMPENSES

Le film a obtenu un estimable succès critique aux Etats-Unis :

* Nomination à l'Oscar du meilleur acteur pour Jeff Bridges en 1985.


* Prix du meilleur acteur (Jeff Bridges) et nominations au Saturn Award du meilleur film de science-fiction, à celui de la meilleure actrice (Karen Allen) lors de l'Académie des films de science-fiction, fantastique et horreur 1985.


* Nominations aux Golden Globes du meilleur acteur (Jeff Bridges) et de la meilleure musique en 1985.


CONCLUSION

Habile mélange de Science-fiction et de comédie romantique, « Starman » est une œuvre véritablement touchante. Une certaine magie se dégage de ce film qui a choisi de privilégier les relations humaines aux effets visuels (ces derniers s’avèrent pourtant particulièrement efficaces). La romance entre Jeff BRIDGES et Karen ALLEN est desservie par une très belle partition musicale signée par Jack NITZSCHE (« L’Exorciste »). 

 

Bande annonce originale


 

Thème original de Starman


 

Le générique de la série télévisée (1986)

 

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 16:20

 

bttf 25Edité le 3 novembre dernier en Blu-Ray à l’occasion de son 25ème anniversaire, la saga « Retour Vers le Futur » a traversé l’épreuve du temps avec tant de facilité qu’elle ne peut que susciter notre admiration. Habile mélange de comédie, d’aventure et de science-fiction, les bases de cette célèbre trilogie étaient brillamment posées dès le premier opus.

SYNOPSIS

En 1985, dans la petite ville d’Hill Valley en Californie, le jeune Marty McFly (Michael J. Fox) mène une existence paisible auprès de sa petite amie Jennifer (Claudia Wells), seulement troublée par sa famille en crise et un proviseur particulièrement tyrannique. Ami du Docteur Emmett Brown (Christopher Lloyd), il l'accompagne un soir sur le parking d’un centre commercial pour filmer sa dernière découverte scientifique : un voyage dans le temps via une DeLorean modifiée et fonctionnant au plutonium. Mais la présentation tourne mal : des trafiquants d'armes débarquent et assassinent le scientifique. Marty se réfugie dans la voiture et se retrouve transporté trente ans dans le passé, soit en 1955. Malheureusement, en empêchant malgré lui la rencontre de ses futurs parents, il provoque une réaction en chaîne qui bouleverse le continuum espace-temps et risque de réduire à néant sa propre destinée. A l’aide du jeune Dr Brown, il va donc tenter l’impossible afin de remettre ensemble ses parents mais aussi de réintégrer sa propre époque…

Lorraine Marty

PRODUCTION

Lorsqu’en 1980, Robert Zemeckis et Bob Gale travaillent conjointement sur l’écriture de « Retour Vers Le Futur », ils partent d’un  « noyau » affectif, auquel le public peut aisément s’identifier, et autour duquel s’articule une intrigue particulièrement complexe. Zemeckis, réalisateur des trois films, décrit ainsi l’idée de départ «Quand vous étiez gamins, vos parents vous ont sans doute raconté combien la vie était dure pendant leur enfance ? Les 20 kilomètres qu’il fallait parcourir à pied tous les jours pour aller à l’école, ou les devoirs qu’ils faisaient sur leurs genoux ? Ce serait intéressant de remonter le temps pour voir s’ils ont vraiment vécu cela, non ? ». S’exprimant sur le concept de base de l’un des mécanismes clés du film, le co-scénariste et producteur Bob Gale ajoute « on a souvent du mal à imaginer que son père est allé au lycée et que sa mère est sortie avec d’autres garçons, mais il faut bien se rendre à l’évidence en voyant les photos dans les annuaires de fin d’année ».

Dans ce contexte, le scénario propose de renvoyer un adolescent des années 1980 en 1955 pour découvrir les jeunes années de ses propres parents. D’une manière plus général, l’histoire permet de revisiter une époque particulière des Etats-Unis où la culture adolescente commence à se développer, accompagnée des prémices du Rock ‘n’ Roll et de l’expansion des banlieues résidentielles.

Malgré son concept de base particulièrement séduisant, le script développé par les deux amis peine à intéresser les Studios Hollywoodiens. Zemeckis et Gale reçoivent ainsi une quarantaine de lettres de refus pour produire leur film dont une provenant directement de Walt Disney Pictures. Pour ce dernier studio, la relation mère (1955)/fils développée dans le scénario pourrait en effet paraître quelque peu « incestueuse » aux yeux du public. Il fallut finalement attendre près de quatre années avant que les deux hommes ne puisent concrétiser leur film, le temps en réalité que la carrière de Zemeckis ne s’envole et que Steven Spielberg ne vienne appuyer le projet à l'aide de sa propre compagnie Amblin. Comme les « Gremlins » (1984), le premier gros succès du studio, « Retour vers Le Futur » se réalise en coproduction avec Universal, dont le patron Sid Sheinberg s’avère particulièrement directif. Beaucoup de consignes plus ou moins justifiées sont ainsi données pour modifier le script original. C’est notamment dans ce contexte- que « Back To The Future » faillit se nommer « The Spaceman from Pluto » (une référence à la bande dessinée lu par l’enfant rencontré dans une ferme en 1955). Fort heureusement, le soutien de Steven Spielberg aux deux scénaristes permit finalement de conserver le titre original et d’amorcer la production du film.

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RETOUR VERS LE FUTUR ALTERNATIF

Du côté du casting, des difficultés sont également rencontrées. Michael J. Fox est en effet très rapidement envisagé pour interpréter le jeune Marty McFly. Malheureusement, sa participation à la série télévisée « Family Ties » (qui durera 176 épisodes entre 1982 et 1989) ne facilite pas l’organisation du tournage. Les producteurs se reportent finalement sur Eric Stoltz. Toutefois, après seulement quatre semaines de tournage à la fin de l’année 1984, les deux associés juge que son jeu de l’acteur n’est pas vraiment adapté à l’état d’esprit du film. «Ce n'était tout simplement pas assez drôle », a récemment déclaré Bob Gale. « Eric est un grand acteur, mais il est plutôt un acteur dramatique qu'un acteur comique, et je crois qu'il savait peut-être lui-même qu'il ne convenait pas au matériel.» Finalement, la production se redirige vers Michael J.Fox qui parviendra à raison de deux à quatre heures de sommeil par jour, à concilier le tournage de « Retour Vers Le Futur » et de sa propre série. Ce choix s’avérera finalement très judicieux. L’acteur formera un excellent duo avec Christopher Lloyd, choisi pour le rôle de « Doc » et principalement connu à l’époque pour « Taxi Driver » (1976) et « Star Trek III » (1983). Enfin, le reste du casting est majoritairement constitué de jeunes acteurs alors inconnus qui seront vieillis pour les besoins du film.

88 miles à l'heure

Tourné au sein des célèbres studios Universal à Los Angeles, le film bénéficie de décors particulièrement soignés. Un important travail est notamment fourni pour distinguer Hill Valley en 1985 et 1955. « Les modifications que nous avons apportés à la place principale sont les mêmes que celles qui se sont produites dans de nombreuses petites villes au cours des trente dernières années… les boutiques florissantes sont parties s’installer dans des centres commerciaux de banlieu, et le centre-ville a périclité et s’est détérioré » explique Larry Paull, chef décorateur du film.

Après un tournage particulièrement difficile comme l’admet aujourd’hui le réalisateur Robert Zemeckis, l’équipe du film travaille activement à la post-production pour pouvoir sortir « Back To The Future » pour la fête d’indépendance. Le compositeur Alan Silverstri est choisi pour réaliser la bande originale du film. A la demande du réalisateur, Silversri ne signe pas une musique électronique comme le voulait la mode du moment mais une partition classique censée illustrer « une histoire d’aventure traditionnelle ». L’orchestre composée de 80 à 85 instruments compose une musique grandiose qui évoque parfaitement le temps et le tic-tac d’une horloge. Enfin, Huey Lewis and The News signent quelques chansons pop-rock qui marqueront les année 1980.

9 semaines ½ après la fin du tournage, « Retour Vers le Futur » sort aux Etats-Unis le 3 juillet 1985 et remporte un franc en se plaçant en tête du Box Office juste devant « Rocky IV ». Les recettes mondiales atteignent ainsi 351 millions de dollars pour un budget initial estimé à 19 millions. Face à cette réussite, une suite commandée par Universal et toujours dirigée par Bob Gale et Robert Zemeckis est rapidement mise en chantier…

 

LE VOYAGE DANS LE TEMPS

DeLorean

Pour le voyage à travers le temps, le film s’inspire directement de « The Time Machine » d’H.G. Wells auquel George Pal consacra une adaptation cinématographique en 1960 (voir la chronique dédiée à ce film). Le roman postule notamment qu’un voyage temporel est limité par l’espace. C’est dans ce contexte que Marty McFly visite des versions alternatives de sa propre ville, Hill Valley (1955 dans cet opus).

Ensuite, l’originalité même de « Retour Vers le Futur » est d’avoir fait de la machine à voyager dans le temps non pas un caisson, comme il l’était prévu à l’origine, mais une véritable voiture : la DeLorean. Ce véhicule, désormais entrée dans la légende du septième art, se distingue notamment par ses portes papillons et sa carrosserie en acier inoxydable.

Sur un plan strictement scénaristique, Bob Gale et Robert Zemeckis ont fait d’importants efforts pour crédibiliser les voyages temporels. Ainsi, dans le film ces derniers ne s’effectuent que si deux conditions sont simultanément remplies : le convecteur temporel doit être rechargé en énergie et la voiture doit se déplacer à la vitesse de 88 miles par heure (141,62 km/h). Ces deux éléments sont indépendants l'un de l'autre. Le moteur est alimenté par de l'essence ordinaire, le convecteur temporel nécessite une puissance de 2,21 gigawatts (1,21 dans la version originale) pour fonctionner. Il est alimenté tout d'abord par du plutonium puis, après les modifications apportées par Doc en 2015, grâce à de simples détritus.

Visuellement abouti, sans usage abusif d’effets spéciaux, le voyage dans le temps sert finalement surtout à poser un contexte pour dans un second temps s’attarder sur les personnages, c'est-à-dire le côté humain du film.

Marty Jennifer

ANECDOTES

*Le moniteur de la Delorean avec ses indicateurs rouges, verts et oranges fait directement référence à celui de la « Machine à Explorer le Temps » (1960).

Moniteur BTTF

*Christopher Lloyd a conçu son personnage comme un mélange d'Albert Einstein et du chef d'orchestre Leopold Stokowski (le petit homme survolté qu'on voit au début de Fantasia) 

*A l'origine, la tombée de la foudre sur l’horloge de l’Hotel de ville en 1955 ne devait pas intervenir dans « Retour Vers le Futur ». La fin du film devait en effet se dérouler au Nevada sur une zone d'essais nucléaires. C'est d'ailleurs une explosion atomique qui permettait à Marty de revenir dans le présent. Le tournage de ces séquences avait été évalué à 1 million de dollars. Mais des coupes dans le budget, ramené de 21 à 19 millions, obligèrent l'équipe à tourner le film entièrement au sein des studios Universal.

*Huey Lewis, le chanteur des principaux thèmes de « Retour Vers Le Futur » (notamment « The Power of Love ») incarne le membre principal du jury qui auditionne le groupe de Rock de Marty au début du film.

*Vu dans « Le Fantôme du Bengale » (1996) et « Titanic » (1997), Billy Zane fait ici ses débuts à l'écran, dans le rôle de Match, l'un des voyous du gang de Biff Tannen.

*Le Frère de Marty McFly, Dave, est interprété par Marc McClure, plus connu pour son rôle de Jimmy Olsen dans la saga Superman avec Christopher Reeve.

*Dans le 16ème épisode de la saison 2 de « Fringe » qui se déroule dans un monde parallèle, les spectateurs les plus attentifs pourront voir deux "observateurs" sortir d’un cinéma diffusant « Retour Vers Le Futur ». Dans cet univers alternatif, Marty McFly est bien joué par Eric Stoltz et non par Michael J. Fox ! 

FRINGE BACK TO THE FUTURE

CONCLUSION

Un quart de siècle après avoir été projeté en salles pour la première fois, « Retour Vers le Futur » s’avère toujours aussi « frais » et agréable à regarder. Doté d’une réalisation soignée et dynamique, ce film qui aurait pu être une simple comédie pour adolescents s’est littéralement érigé  parmi les films les plus marquants de la Science-Fiction. L’idée même de présenter une même ville à travers deux époques différentes s’avère tout simplement géniale. Il en est de même pour la rencontre de Marty avec ses propres parents en 1955. Enfin, le duo Michael J. Fox/Christopher Lloyd est particulièrement irrésistible et nous livre de nombreuses répliques désormais devenues cultes.

Plus généralement, ce mélange d’humour, d’innocence et d’effets spéciaux séduira probablement encore de nombreuses générations. 

 

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Bande annonce originale : 

 


Retour vers le Futur : Bande-Annonce [VO]

 

Extrait d’un documentaire Blu-Ray du film avec des images d’Eric Stolz dans le rôle de Marty :

 


Retour Vers Le Futur - Eric Stoltz as Marty McFly [VO-HD]


 

Clip vidéo du film

 

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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 14:01

Matrix 1999

Véritablement révolutionnaire lors de sa sortie en salles en 1999, « MATRIX » est l’un des films de Science-Fiction les plus marquants de ces dernières années. Derrière cette image de blockbuster traditionnel se cache en réalité un film ambitieux doté d’un scénario particulièrement intelligent.

LE RESUME

Thomas Anderson (Keanu Reeves) mène une double vie. La journée, en tant que simple employé, il partage le quotidien de millions de bureaucrates anonymes, les yeux constamment rivés vers un ordinateur, sous les ordres de supérieurs exigeants. La nuit, sous le pseudonyme de Neo, il devient un hacker et créé ses propres programmes en multipliant les délits informatiques.

A cheval entre deux mondes, Neo est troublé par des rêves étranges. Des messages cryptés, provenant d'un certain Morpheus (Laurence Fishburne), l'invitent à aller au-delà des apparences, à briser ses chaînes... Et à découvrir la terrible vérité : la réalité n’est en fait qu’une immense simulation informatique générée par la Matrice. Les machines ont en effet pris le contrôle de la Terre toute entière et réduisent l’humanité en esclavage. Elles se servent de l’illusion informatique, pour maintenir les hommes sous contrôle et puiser l’énergie vitale de leurs corps.

Pour Morpheus, le doute n’est plus permis : Néo est « l’élu », ce libérateur mythique capable de mener en échec les machines. Sous la tutelle de son mentor, Néo apprend peu à peu à s’émanciper. Il acquiert alors le savoir, la rapidité et la force physique nécessaires à son combat.

Ensemble, ils se lancent dans une lutte sans retour contre la Matrice et ses terribles agents...

matrix

MATRIX ET LA PHILOSOPHIE

L'histoire de «MATRIX » est plus complexe qu'il n'y paraît. C’est notamment dans la philosophie que les scénaristes du film, les frères Wachowski (« Bound », « V, pour Vendetta », « Speed Racer »), ont puisé leur inspiration.

Le thème principal fait en effet référence à l’idéalisme (notamment exploité dans « THX 1138 » et « The Truman Show ») : une théorie qui cherche à rendre des relations entre l’esprit et le monde extérieur. On en vient à se poser les questions suivantes : « Le monde extérieur existe-t-il vraiment ? » ; « Peut-on prouver que notre environnement n’est qu’une illusion ? », etc.

Dès l’antiquité, le philosophe grec, Platon, illustra parfaitement cette théorie avec son « Allégorie de la Caverne ». Il nous y décrit l’histoire de plusieurs hommes, enchaînés depuis leur enfance dans une demeure souterraine. Dans leur dos, l'ouverture de la caverne avec un muret, derrière lequel passent des hommes portant sur leurs épaules toutes sortes d'objets. Un feu brûlant dans la caverne permet aux esclaves d’entrevoir ce qui les entoure, mais leur perception est altérée. Ainsi, ils ne voient des passants, que leurs ombres projetées au fond de la caverne, et n'entendent de leur voix que le son déformé par un écho. L'un des captifs va être libéré, va sortir de la caverne et va d'abord être ébloui par la lumière... il se rendra compte finalement que ce qu'il percevait auparavant n'était pas la réalité. Il voudra retourner dans la caverne pour convaincre, ouvrir les yeux à ses congénères et les libérer. Ces derniers ne se montreront guère réceptifs à ses théories. Ayant grandi dans ce système, ils le défendront jusqu'au bout et iront même jusqu’à mettre à mort l'évadé. Ainsi, dans le film, comme les prisonniers de la caverne, les humains retenus en esclavage sont amenés à croire que ce qu’ils voient et entendent dans la Matrice est bien réel. Pourtant, ce qu’ils perçoivent ne sont que les ombres de la réalité. 

Durant le XVIIème siècle, le philosophe français Descartes poussera même le principe beaucoup plus loin. Il évoquera en effet l’hypothèse qu’une divinité toute puissante ait remplit nos esprits d’idées auxquelles rien ne correspond. Vient alors l’hypothèse du Malin génie : et si un démon tout-puissant était continuellement en train de nous tromper au sujet du monde physique incluant notre propre corps ? Cela se traduirait de la façon suivante : nous croyons qu’il y a un monde extérieur alors qu’il n’y en a pas. Pire, nous pensons avoir un corps alors que nous n’en possédons pas. Le monde extérieur ne serait donc que le fruit d’une machination, et donc, une grande illusion. Pour Descartes, la perception qu’a un sujet d’un objet pourrait être dupliquée par Dieu ou par quelque Malin génie tout-puissant. Ce qui revient finalement à affirmer que nous ne pouvons jamais être totalement certain d’être en train de percevoir l’objet. Le film « MATRIX » peut bien être considéré comme une illustration de cette hypothèse du Malin génie de Descartes, l’homme ne voyant finalement que ce que les machines désirent.

Pour finir, rappelons qu’en dehors de la philosophie, « MATRIX » fait également appel à de nombreuses autres références. On y retrouve ainsi des éléments littéraires (le conte initiatique, « Alice au Pays des merveilles »), et mythologiques (la thématique de l'Elu, l'Oracle...), mais également des comic-books (« Superman »), de l'animation japonaise ("Akira", "Ghost in the Shell") et du jeu vidéo (le film est construit sur une série de choix : se faire arrêter ou fuir, prendre la pilule bleue ou la rouge, partir sauver Morpheus ou le laisser)... Autant d'éléments qui font de «MATRIX » une œuvre particulièrement riche, à la frontière du cinéma, de la philosophie, du conte et du jeu vidéo.

pillule bleue ou rouge

LA PRODUCTION

La création de « MATRIX » aura pris plus de cinq ans aux frères Larry et Andy Wachowski. Les deux hommes ont notamment passé énormément de temps à travailler sur l'écriture du scénario pour le rendre accessible au plus large public possible, puis à développer les story-boards nécessaires aux scènes d'action innovantes de leur future production.

Convaincu par le projet, le producteur Joel Silver (« Die Hard », « L’Arme fatale ») demande aux studios Warner de produire « MATRIX ». Ces derniers n’acceptent de le financer que sur la base d'un accord de distribution exclusive avec sa société de production Silver Pictures. De plus, « MATRIX » étant dès le départ prévu comme une trilogie, ils acceptent d'envisager de produire deux suites pour la vidéo en cas de succès.

Suite à cet accord, le casting des acteurs se met rapidement en place. D'emblée, Larry et Andy Wachowski pensent à Keanu Reeves pour le rôle de Neo. Il l'avait en effet vu dans le cyberpunk « Johnny Mnemonic » (1995). Leur deuxième choix immédiat est celui de Laurence Fishburne pour le rôle de Morpheus, surtout pour sa prestance naturelle, son aspect autoritaire et sa condition physique idéale pour les nombreuses scènes d'action. Enfin, pour Trinity, les deux réalisateurs auditionnent un grand nombre d’actrices avant de découvrir en Carrie-Anne Moss (jusque là surtout connue à la télévision), celle qui répondait le mieux à leurs attentes.

Les trois acteurs quittent ainsi les Etats-Unis pour rejoindre l’équipe de production sur des tournages en extérieur à Sydney. Toutefois, la ville est rendue "anonyme" et difficilement identifiable, afin d'en faire une cité "universelle" qui pourrait aussi bien être américaine qu'australienne, japonaise ou européenne.

Après un tournage éprouvant et une postproduction particulièrement complexe, « MATRIX » connaît un succès triomphal. Ainsi, le film récolte plus de 171 millions de dollars sur le sol américain, et plus de 456 millions de dollars de recettes dans le monde, devenant ainsi le plus gros succès des studios Warner Bros (dépassé ensuite par la saga « Harry Potter »). En France, plus de 7,7 millions de spectateurs se connecteront à la Matrice.

other rality

DES EFFETS SPECIAUX INNOVANTS

Les frères Wachowski se sont directement inspirés des effets spéciaux utilisés dans le cinéma asiatique pour créer « MATRIX ». Les chorégraphies nécessitent des câbles et des harnais pour rendre les combats spectaculaires. Tout ce harnachement sera dans un second temps effacé par des spécialistes de l’imagerie numérique. Mais les deux hommes, particulièrement exigeants, souhaitent aller bien plus loin. Ils veulent en effet dans une même scène, « voir bondir le héros dans les airs, puis à l'apogée de la virevoltante figure, le voir donner un coup de pied puis retomber au sol comme une feuille morte au ralenti ». Le tout sans coupure, avec une caméra en rotation à 360 ° autour du personnage!

C’est dans ce contexte-ci que « MATRIX » a eu recours au « Bullet Time », l’effet spécial le plus marquant du long métrage. Ces images, relevant de la technique de l'animation, furent filmées devant des fonds verts, grâce à 120 appareils photos spéciaux et deux caméras capables de prendre 12 000 images par seconde, montés sur une plate-forme. Elles furent ensuite mises bout à bout pour donner une impression de mouvement ralenti, alors que les ordinateurs se chargeaient de créer les décors et arrière-plans.

"Les deux frères sont imprégnés de culture BD", explique le responsable des effets visuels John Gaeta. "Ils connaissent bien la technique d'animation japonaise que nous souhaitions transposer dans ce film, avec des acteurs vivants. Celle-ci consiste à décomposer l'action en une suite d'éléments, manipulés de façon à conférer au mouvement un maximum d'impact visuel". Pour le producteur Joel Silver, "cela rappelle les films d'action japonais comme Akira, sauf qu'ici, nous travaillons sur des personnages vivants et ouvrons un champ inédit aux techniques d'effets visuels classiques".

Même s’il est irréprochable, le travail de Gaeta et de son équipe, est surtout une amélioration d’idées et de techniques préexistantes, mises au goût du jour grâce à un budget sans précédent accordé à la création d’effets spéciaux. Ainsi, le "bullet-time" n’est que le dérivé d’un procédé autrefois connu sous le nom de "time slice".

bullet time

ANECDOTES

* Les noms des principaux personnages de « MATRIX » n'ont pas été choisis au hasard, et ont chacun une réelle signification : Neo est ainsi l'anagramme de One (L'Elu), Morpheus renvoie au Dieu des songes Morphée, Trinity représente la Trinité Mère/Femme/Guerrière, alors que Cypher fait référence en anglais, au code dont se servent les espions. Enfin, l’agent Smith porte le nom le plus courant dans le monde anglo-saxon. Il est donc tout naturel qu’il puisse se substituer à n’importe qui.

* Certains décors de « Dark City » ont été réutilisés dans « MATRIX » : il s'agit principalement des sombres toits d'immeubles sur lesquels Trinity tente d'échapper aux agents.

*Spectaculaires et intenses, les combats de « MATRIX» ont réservé de durs moments et quelques blessures et contusions aux vedettes du film. Ainsi, allergique à la poussière, Laurence Fishburne (Morpheus) dut subir un véritable calvaire lors de son affrontement avec Hugo Weaving (l’agent Smith) dans un décor poussiéreux. Durant le même combat, ce dernier termina la séquence avec deux côtes cassées et le poignet quasiment fêlé.

*Matrix a été récompensé à de nombreuses reprises :

4 fois aux Oscars 2000 (US) :

- Meilleur son

- Meilleur montage

- Meilleurs effets spéciaux sonores

- Meilleurs effets spéciaux visuels

2 fois aux Empire Awards 2000 (UK):

- Meilleur film

- Meilleur espoir féminim (Carrie-Anne Moss)

3 fois aux MTV Awards 2000 (US):

- Meilleur film

- Meilleur acteur (Keanu Reeves)

- Meilleure scène de combat (Neo vs Morpheus)

1 fois aux British Movie Awards (UK):

- Meilleurs effets spéciaux visuels

CONCLUSION

Visuellement époustouflant et écrit intelligemment, «MATRIX» est rapidement parvenu à marquer une génération toute entière de cinéphiles. En mélangeant plusieurs univers (films cyberpunks, jeux vidéos, comics, philosophie), le film a réussi à attirer des spectateurs aux sensibilités résolument différentes.

Malheureusement, les deux suites de la saga, « MATRIX : Reloaded » et « MATRIX Revolutions », ne continueront pas sur cette belle lancée… En privilégiant l’action, les frères Wachowski finiront par délaisser leurs personnages, c'est-à-dire la principale richesse de leurs films.

 

Le trio

 

Bande annonce (1999) :

 

 


 

 


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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 19:13

 

BIENVENUE A GATTACA

« SILVER SCREEN » revient aujourd’hui sur le film « Bienvenue à Gattaca », chef d’œuvre du cinéma d’anticipation avec Ethan Hawke, Uma Thurman et Jude Law.

 

LE RESUMÉ

Dans un futur proche, Vincent Freeman (Ethan Hawke) est l’un des derniers êtres « naturels » nés dans un monde dominé par la sélection génétique. Gaucher, myope et souffrant d’une légère malformation du cœur, il lui est impossible d’accéder à un poste qualifié. Son "handicap" génétique le cantonne au rôle d'homme de ménage. Malgré tout, Vincent est déterminé à réaliser son rêve : devenir astronaute. Il usurpe donc l’identité de Jérôme Morrow (Jude Law), un athlète génétiquement supérieur, afin d’être admis à l'académie spatiale de Gattaca. Mais quand le directeur de celle-ci est sauvagement assassiné, un indice laissé sur la scène du crime menace de contrecarrer les plans de Vincent…

UN FILM D’ANTICIPATION TEINTÉ D’HUMANISME

ETHAN HAWKE

Écrit et réalisé en 1998 par Andrew Niccol (également scénariste de « The Truman Show ») pour un modeste budget de 18 millions de dollars, « Bienvenue à Gattaca » trouve de toute évidence ses sources d’inspirations dans la littérature d’anticipation. La thématique de l’eugénisme (transformation du patrimoine génétique de l’espèce humaine, dans le but de le faire tendre vers un idéal déterminé) développée tout le long du film rappelle bien sûr le «Meilleur des mondes» (1931) d’Aldous Huxley.

D’ailleurs, bien avant la sortie du film, les campagnes promotionnelles donnaient déjà le ton. L’une des affiches montrait notamment un bébé en posant la question suivante : «Si vous aviez le choix, vous en remettriez-vous aux lois du hasard? Pourquoi ne pas mettre toutes les chances du côté de votre enfant?» Suivait une liste d'options génétiques, associant pour chacune d’elle les futures aptitudes de l’enfant.

C’est dans ce contexte-ci que le metteur en scène nous décrit une vision très alarmiste de nos futures sociétés contemporaines dans laquelle l’utilisation extrême de la science et de la sécurité fait finalement passer l’être humain au second plan. Car « Bienvenue à Gattaca » s’inspire également de « 1984 » de George Orwell. Les individus sont quotidiennement surveillés et obligés de se soumettre à des analyses de sang ou d’urine. De ce fait, comme le dira très justement un critique du Télégramme « Gattaca est un monde où les in-valides (lire: les imparfaits, nés ex-vitro) sont détectables, tels des tickets de métro usagés, dans des guichets de contrôle aussi bénins d'apparence que les portillons automatiques du RER. Sauf que là, c'est une seule goutte de sang qui suffit à vous faire repérer et reléguer aux menus métiers d'entretien ».

Néanmoins, le cinéaste laisse au spectateur la liberté de se faire sa propre opinion sur cette société futuriste. Ainsi, il ne remet pas en cause les fondements de cette société (dont les avancées scientifiques ont mis fin à certaines maladies), mais glorifie plutôt ceux qui savent et ont le courage d'utiliser toutes les failles du système pour parvenir à leurs fins. Il met en lumière cette incertitude et cette absence de maîtrise des autorités qui créent une bulle de liberté garantissant l'affranchissement de ses citoyens. C'est dans cet espace qu'évolue le personnage de Vincent, bien décidé à ne pas jouer avec le jeu qui lui a été distribué à sa naissance et à réaliser ses propres rêves.

Au final, le réalisateur montre avec brio que l'esprit et la volonté peuvent l'emporter sur le déterminisme génétique. Il s'agit dans tous les cas d'un combat réellement difficile, mais qui se doit d'être tenu. Les courses aquatiques remportées à plusieurs reprises par Vincent contre son frère, génétiquement parfait, prouvent que la foi (parfois aveugle) de réussir l'emporte au final devant le rationalisme.

LA FIN ALTERNATIVE

Il est à noter que c’est sur ce ton résolument humaniste que devait s’ouvrir le générique de fin de « Bienvenue à Gattaca ». Cette version alternative, disponible dans les suppléments de l’édition Blu Ray du film, présente très dignement un certain nombre de personnalités, parmi lesquelles on retrouve Albert Einstein, JFK, Ray Charles, Rita Hayworth..., toutes atteintes de maladies génétiques plus ou moins graves. Cette fin est un hymne tout entier dédié à l'Homme. En effet, elle se suffit à elle-même pour nous rappeler qu'il n'est pas nécessaire d'atteindre la perfection pour prétendre marquer l'Histoire de son empreinte.

 


 

 

L’IMAGERIE VISUELLE

En dehors de son scénario très bien inspiré, c’est véritablement l’imagerie visuelle du film qui constitue toute son originalité. Ainsi, contrairement à beaucoup de films de science-fiction contemporains, les effets spéciaux, les décors et costumes de « Bienvenue à Gattaca » sont réduits au plus simple. Comme le dit si bien Michel Chion dans son ouvrage dédié à la Science-fiction, dans ce long métrage « La fusé, c’est une tuyère ; le vol spatial, des ronds colorés qui passent sur le visage d’Ethan Hawke. Les personnages sont en veston complet même quand ils prennent une fusée pour Titan ». Le film donne même parfois l’impression de se dérouler dans les années 1950. Seuls quelques détails technologiques ou sonores rappellent au spectateur que l’histoire se déroule bien dans le futur. Par ailleurs, certaines scènes sont tournées dans des tons froids et métalliques, tandis que d'autres sont filtrées, notamment les flash-back  ou encore les scènes d'extérieur. Ces contrastes permettent de mettre en évidence le manque d'humanité qui règne à Gattaca. On y assiste à la dépersonnalisation de l'individu dans la linéarité des décors et dans l'uniformité des costumes.

AUTOUR DU FILM

Uma Thurman et Ethan Hawke

*Le terme « Gattaca » fait référence aux quatre nucléotides  qui constituent l’ADN : (G pour Guanine, A pour Adénine, T pour Thymine et C pour Cytosine). La séquence G.A.T.T.A.C.A. apparaît plusieurs fois dans le génome humain.

*Les voitures utilisées dans le film ont manifestement été retenues pour leur originalité : une rare Citroën DS décapotable française et une Studebaker Avanti américaine, ainsi que plusieurs Rover P6 britanniques. Le bruitage rappelle qu'elles sont à propulsion électrique dans le film.

*Le nom de famille "Morrow" de Jérôme semble être une référence au célèbre roman d’H.G.Wells « L'Île du docteur Moreau »  qui décrit d'horribles expériences génétiques.

CONCLUSION

« Bienvenue à Gattaca » est un film d’anticipation incontournable. L'histoire de cet homme déterminé à se surpasser et à réaliser ses rêves est tout simplement poignante.

Une superbe réalisation vient couronner un scénario particulièrement intelligent et invite notamment le spectateur à s’interroger sur les limites du rationalisme scientifique.

 

La Bande annonce en version française sous-titrée:

 

 


Bienvenue à Gattaca - Bande annonce Vost FR

 

 

 


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